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La colère des recteurs belges face au blocage des étudiants gazaouis

Treize étudiants palestiniens de Gaza, pourtant boursiers, restent bloqués loin de la Belgique. Face aux querelles politiques qui paralysent leur accueil…

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La colère des recteurs belges face au blocage des étudiants gazaouis

Treize étudiants palestiniens de Gaza, pourtant boursiers, restent bloqués loin de la Belgique. Face aux querelles politiques qui paralysent leur accueil, les recteurs des plus grandes universités belges affichent leur consternation.

Depuis plusieurs mois, treize chercheurs et étudiants originaires de Gaza attendent de pouvoir rejoindre la Belgique. Ils ont décroché des bourses d’études, mais leur venue est devenue un véritable enjeu de pouvoir. Au sein de la coalition gouvernementale belge, les tensions sont vives. Le ministre des Affaires étrangères, le centriste Maxime Prévot, souhaite les accueillir. Mais il s’est heurté au refus catégorique de la N-VA, le parti conservateur flamand du Premier ministre Bart De Wever, lors du conseil des ministres de vendredi dernier.

Les dix recteurs et rectrices des plus grandes universités du pays, de Louvain à Anvers en passant par Bruxelles et Gand, ne mâchent pas leurs mots. Dans un communiqué, ils prennent acte avec consternation de l’absence persistante de décision. Pour eux, ces étudiants sont victimes d’un marchandage politique indigne. Ces jeunes ont été sélectionnés à l’issue de procédures particulièrement exigeantes, sur la base de leurs mérites académiques. Ils ont également exprimé leur volonté de retourner dans leur pays à la fin de leurs études pour contribuer à sa reconstruction.

Du côté du gouvernement, Anneleen Van Bossuyt, ministre de l’Asile et de la Migration, défend une autre position. Elle insiste sur l’importance pour les demandeurs de se présenter physiquement dans un consulat ou une ambassade. Selon elle, cette étape est indispensable pour vérifier l’identité et les documents, afin de savoir qui peut entrer sur le territoire. Elle souligne aussi qu’accorder une exception à ce groupe spécifique pose la question de l’appliquer à toutes les autres personnes qui rencontrent des difficultés similaires en raison de la guerre ou de persécutions. Pourtant, les universités et les ONG dénoncent un manque de volonté politique. L’obligation de déposer une demande de visa en personne à Jérusalem ou au Caire constitue, à leurs yeux, un obstacle majeur.

L’enjeu dépasse le cas de ces treize personnes. Environ 1 500 Palestiniens attendent actuellement dans la bande de Gaza de pouvoir rejoindre la Belgique, souvent au titre du regroupement familial. Mais les évacuations se font au compte-gouttes. Face à cette situation, l’organisation CNCD 11.11.11 estime que ces conditions sont inhumaines. Pour débloquer la situation, Maxime Prévot a dénoncé un chantage au sein du conseil des ministres. Le sort de ces étudiants se retrouve mis en balance avec d’autres dossiers migratoires sensibles, comme les exigences de fermeté de la droite sur le renvoi d’Afghans non admis au séjour.

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