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Dix jours dans le noir, un ouvrier népalais retrouve les siens

Sanjay Sah, 30 ans, a survécu dix jours dans un tunnel inondé au Népal, sans lumière et avec une eau boueuse pour seul recours. À son retour chez lui, il…

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Dix jours dans le noir, un ouvrier népalais retrouve les siens

Sanjay Sah, 30 ans, a survécu dix jours dans un tunnel inondé au Népal, sans lumière et avec une eau boueuse pour seul recours. À son retour chez lui, il savoure des retrouvailles émues tout en réclamant que les recherches continuent pour ses collègues.

Quand les sauveteurs l’ont extirpé du tunnel enseveli sous la boue, Sanjay Sah a posé une question simple. Combien de jours avait-il passés là-dessous ? La réponse, dix, l’a stupéfié. L’ouvrier de 30 ans croyait que seules quelques journées s’étaient écoulées. Il rentrait ensuite vers son domicile du district de Saptari, dans le sud-est du Népal.

Il fait partie des centaines de travailleurs employés sur les chantiers de barrages dans l’extrême nord du pays, à la frontière avec la Chine. Une vague d’eau glacée, de boue et de débris a déferlé et englouti des tunnels. Le bilan provisoire côté népalais fait état de 1.386 morts et 5.130 disparus. Sanjay Sah est l’un des rares à avoir tenu plusieurs jours sous cette mer de décombres.

Son récit donne la mesure de la violence de l’épisode. Il était de service lorsqu’une crue inimaginable a frappé, avec des vagues hautes de plusieurs mètres, comparables à celles d’un tsunami. Les ouvriers avaient été prévenus qu’une montée des eaux approchait, mais ils n’ont pas eu le temps de fuir. « Nous avons tout arrêté et essayé de porter secours à nos amis et de les évacuer », se souvient-il. En quelques minutes, le tunnel a été submergé.

La cause de cette crue dépasse l’entendement. L’effondrement d’un glacier et d’un énorme bloc de roches a déclenché le déluge. Le gouvernement népalais l’attribue au réchauffement climatique, qui accélère la fonte des glaciers de l’Himalaya.

Séparé de ses collègues, Sanjay Sah s’est retrouvé seul dans l’obscurité totale, sans savoir si les secours arriveraient jusqu’à lui. Il n’avait pas d’eau potable et devait boire l’eau boueuse à sa disposition. Sa force, dit-il, est venue de sa foi. Il récitait le Maha Mantra et affirme avoir reçu une énergie divine qui l’a empêché de céder à la peur ou au désespoir. À quelques mètres, un autre ouvrier, Kabir Maharjan, 45 ans, était vivant. Les deux hommes, séparés, se parlaient pour tenir.

Les équipes de secours ont creusé sans relâche pendant des jours avant d’atteindre les deux survivants et de les sortir de leur piège. Hospitalisé plusieurs jours à Katmandou, Sanjay Sah a ensuite regagné son village. Sa famille, ses amis et ses voisins l’ont accueilli avec des guirlandes de fleurs et un gâteau, tandis que sa maison était décorée de ballons. Sa mère, Kapur Devi Sah, l’a serré longuement dans ses bras en pleurant, puis lui a lavé les pieds, un rituel traditionnel censé porter bonheur. « Mon fils est revenu, je suis très heureuse », a-t-elle confié.

Son épouse, Lakshmi Kumari Sah, dit avoir toujours cru à cette issue heureuse. « Dieu nous a aidés, nous gardions espoir », raconte-t-elle, leur fille dans les bras. Le survivant garde pourtant un sentiment partagé. « Je suis heureux, mais je ressens aussi une profonde tristesse », avoue-t-il. « J’ai eu la chance de survivre, comme si l’on m’avait offert une seconde vie. Mais beaucoup de nos amis étaient là-bas. »

Il demande maintenant au gouvernement de ne pas interrompre les recherches. « Il est encore possible de retrouver quelqu’un en vie », veut-il croire. « Ou alors simplement retrouver les corps de mes amis et les rendre à leur famille. »

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