Europe
Soutenu par Elon Musk, un ancien cadre néonazi grec quitte sa prison et vise un retour en politique
Ilias Kasidiaris, ex-figure du parti Aube dorée, sort de la prison de haute sécurité de Domokos après avoir fini de purger sa peine. À 45 ans, il annonce…

Ilias Kasidiaris, ex-figure du parti Aube dorée, sort de la prison de haute sécurité de Domokos après avoir fini de purger sa peine. À 45 ans, il annonce déjà son retour au premier plan de la vie politique grecque.
Après six années derrière les barreaux, Ilias Kasidiaris retrouve la liberté. L’ancien député d’Aube dorée, élu de 2012 à 2019 et porte-parole de cette formation que la justice grecque classe parmi les organisations criminelles, doit quitter l’établissement pénitentiaire de Domokos en milieu de journée. Sa peine, qui couvrait notamment un meurtre commis en 2013, est arrivée à son terme.
Condamné en appel à treize ans de prison ferme aux côtés d’autres cadres du parti, il a vu sa détention s’achever plus tôt que prévu. Les jours de travail effectués en cellule ont été comptabilisés, comme le prévoit le code pénitentiaire grec. Pendant ces années, il n’a pourtant jamais vraiment quitté l’arène. Il publiait, commentait, haranguait depuis sa cellule, entretenant une présence politique à distance.
À peine sa sortie connue, il a promis de reprendre le combat. Il a lancé qu’il revenait « LIBRE » sur la scène politique centrale et en première ligne des luttes nationales. Le ministre de la Justice, Giorgos Floridis, avait prévenu que le personnage restait un criminel condamné. Pour lui, l’État grec veille et protège la démocratie.
Ce retour intervient dans une Europe où l’extrême droite gagne du terrain. En Allemagne, l’Alternative für Deutschland vient de remporter une élection régionale, une première depuis la chute de la dictature nazie. En Grèce, la mouvance reste éclatée en plusieurs petites formations, dont certaines n’ont aucun élu au Parlement.
Aube dorée avait fait une entrée fracassante au Parlement en 2012, portée par la détresse sociale, la défiance envers les institutions et le discrédit des grands partis. Le parti a depuis disparu du paysage politique. Son ancien porte-parole, lui, traîne une réputation de violence et de provocation. Il a giflé une députée communiste en pleine émission de télévision, jeté un verre d’eau au visage d’une élue de gauche, et arbore un tatouage de croix gammée sur le bras gauche. Il se dit admirateur du Troisième Reich et du dictateur Metaxas.
Avant son incarcération, il avait fondé un nouveau parti, « Les Hellènes », et tenté de se présenter aux législatives de 2023 depuis sa cellule. La Cour suprême a écarté sa formation du scrutin. Il peut toutefois compter sur un appui de poids. Elon Musk a jugé aberrant son maintien en détention, et Kasidiaris le présente comme la personnalité la plus éminente au monde. Le milliardaire soutient plusieurs partis d’extrême droite en Europe, dont l’AfD.
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