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Service national volontaire, 3 000 jeunes déjà sous l’uniforme

Lancé en novembre 2025, le service national volontaire a accueilli ses premières recrues en septembre. Dix mois sous les drapeaux, 800 euros par mois et…

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Service national volontaire, 3 000 jeunes déjà sous l'uniforme

Lancé en novembre 2025, le service national volontaire a accueilli ses premières recrues en septembre. Dix mois sous les drapeaux, 800 euros par mois et une année de césure reconnue dans les études.

Depuis novembre 2025, la France teste un nouveau service national. Le principe tient en trois promesses. Resserer les liens entre les armées et la population, renforcer la capacité de résistance du pays et consolider la formation des jeunes Français. Rien à voir avec l’ancien service militaire, lui interrompu en 1997. Cette fois, aucun caractère obligatoire. Seuls des volontaires majeurs, femmes et hommes, s’engagent.

Tout le monde n’est pas retenu pour autant. Les candidats passent par plusieurs étapes, une étude de dossier, un entretien, une visite médicale et un contrôle de sécurité. Les armées piochent ensuite selon leurs besoins. Environ 80% des sélectionnés ont 18 ou 19 ans. Pour eux, ces dix mois équivalent à une année de césure dans leur parcours scolaire. Les 20% restants affichent des profils plus pointus, ingénieur, analyste de données ou infirmier, et peuvent rejoindre le dispositif jusqu’à 25 ans, avec le grade d’aspirant, premier grade d’officier.

Le parcours démarre par un mois de formation initiale, appelé les classes. Au menu, esprit de discipline, maniement des armes, marche au pas et chants. Puis vient le cœur du dispositif. Neuf mois durant, les volontaires sont insérés dans les trois armées et les services de soutien. Cette année, 3 000 jeunes ont été retenus et leur formation a commencé en septembre. Ils sont 1 800 dans l’armée de Terre, 600 dans la Marine et 600 dans l’armée de l’Air et de l’Espace. Les objectifs grimpent vite. 10 000 en 2030, puis 42 500 en 2035, pour atteindre 50 000 en cumulant avec le service militaire volontaire et son équivalent ultramarin, le service militaire adapté. Ces deux derniers perdurent, car leur but est différent, l’insertion professionnelle.

Côté missions, aucun départ en opérations extérieures. Le service se déroule uniquement sur le territoire national. Les recrues peuvent être engagées sur l’opération Sentinelle, la protection de sites militaires ou la surveillance des approches maritimes depuis les sémaphores du littoral. Et selon leur qualification, logisticiens, cuisiniers, ingénieurs ou traducteurs, elles viennent aussi soutenir les unités et les services.

Pendant leur engagement, les jeunes touchent 800 euros brut par mois, nourris et hébergés. Une carte de réduction de 75% sur les trains facilite leurs déplacements. L’année de césure leur ouvre la possibilité de reporter leurs vœux sur Parcoursup, et les jurys de l’enseignement supérieur seront incités à valoriser cette expérience lors des délibérations. Environ 15 crédits européens ECTS peuvent être validés. Autre détail qui compte, la solde perçue n’entre pas dans le calcul des ressources pour obtenir une bourse.

Le calendrier dépend aussi des moyens disponibles. Beaucoup de casernes ont été vendues après la fin de la conscription, ce qui limite les capacités d’hébergement. L’accueil se fait aujourd’hui sur 70 sites pour la formation initiale, et des investissements sont prévus pour aménager de nouveaux espaces. Sur la période 2026-2030, le coût du service national, paie, équipement, habillement et hébergement compris, est estimé à 2,3 milliards d’euros, dont 1,4 milliard pour les infrastructures. Cent millions sont budgétés pour 2026.

Une fois les dix mois écoulés, les volontaires basculent automatiquement dans la réserve opérationnelle de second niveau. Elle prévoit cinq jours mobilisables sur cinq ans si le besoin se présente. Ils peuvent aussi rejoindre la réserve opérationnelle de premier niveau, que les autorités veulent porter à 80 000 personnes en 2030, contre 47 000 actuellement. Et rien ne se ferme. Il reste possible de s’engager dans l’armée d’active sans passer par le service national ni par la réserve.

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