Monde
L’intelligence artificielle s’invite au sommet de l’ONU, la France réclame des garde-fous
Paris veut profiter de sa présidence du Conseil de sécurité pour pousser le dossier des risques liés à l’IA, en marge de l’Assemblée générale des Nations…

Paris veut profiter de sa présidence du Conseil de sécurité pour pousser le dossier des risques liés à l’IA, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Une ambition qui se heurte déjà au refus net de Donald Trump.
Le sujet devrait s’installer dans l’enceinte la plus sensible de l’ONU. Une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’intelligence artificielle est attendue la semaine prochaine, en parallèle de l’Assemblée générale. La question figurera tout en haut des priorités des discussions. Le timing n’a rien d’anodin, puisque Paris occupe la présidence mensuelle du Conseil de sécurité en septembre.
La France veut y porter un message clair. Elle juge indispensable d’aborder la menace existentielle que cette technologie pourrait faire peser sur l’humanité, rappelant que des patrons de grandes entreprises d’IA ont eux-mêmes fait part de leurs inquiétudes. Fin août, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot avait plaidé pour une véritable discipline de l’IA. Sa recette tient en trois temps. Évaluer les modèles avant leur mise sur le marché, les surveiller une fois déployés, et organiser le partage d’informations entre États lorsque des incidents graves surviennent. L’été avait justement été marqué par ce type d’événements. Pour le ministre, l’intelligence artificielle doit elle aussi rendre des comptes. Il ne s’agit pas selon lui de brider l’innovation, de freiner le progrès ou de retarder sa diffusion dans l’économie et la société, mais d’écarter les périls les plus graves.
En face, la position américaine tranche radicalement. Donald Trump a dénoncé une conspiration malsaine dirigée contre l’intelligence artificielle et rejeté les appels à davantage de régulation. Il a aussi qualifié de canular l’idée que l’IA puisse anéantir l’humanité. De quoi doucher les espoirs français d’un consensus au sommet.
L’Assemblée générale ne se limitera pas à ce dossier. Le Liban, Gaza et l’Ukraine seront également au menu des discussions. Paris compte s’appuyer sur ses deux présidences simultanées, celle du G7 et celle du Conseil de sécurité, pour défendre le multilatéralisme, à un moment où les institutions internationales subissent des pressions croissantes. La conviction affichée reste la même, celle d’un système international fondé sur le droit plutôt que sur la loi du plus fort.
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