Économie
Washington tend la main au pétrole vénézuélien
Le Venezuela participe cette semaine à la réunion des ministres de l’Énergie du G20, à Houston, sur invitation de Washington. Les États-Unis veulent…


Le Venezuela participe cette semaine à la réunion des ministres de l’Énergie du G20, à Houston, sur invitation de Washington. Les États-Unis veulent relancer l’exploitation des immenses réserves du pays, alors que la guerre en Iran fait flamber les prix à la pompe.
Le Venezuela s’est invité à la table des grandes puissances énergétiques. Cette semaine, à Houston, au Texas, Caracas prend part à la réunion des ministres de l’Énergie du G20. Une présence voulue par le gouvernement américain, qui lorgne clairement sur les richesses enfouies sous le sol vénézuélien. Les discussions ont démarré lundi et se poursuivront jusqu’à mercredi.
Doug Burgum, le ministre américain en charge de l’énergie, n’a pas caché sa satisfaction. Il a salué la venue du Venezuela et de la Pologne parmi les invités d’honneur. À ses côtés, Jarrod Agen, conseiller de la Maison Blanche pour les questions énergétiques, a expliqué que les ministres vénézuéliens allaient s’exprimer sur un objectif cher à Donald Trump. Faire des Amériques le centre névralgique d’une énergie abordable, fiable et sûre. Le ministre vénézuélien des Mines est notamment attendu à Houston.
Derrière cette invitation se cache un dossier bien plus vaste. Depuis l’arrestation de Nicolas Maduro en janvier, Donald Trump cherche à redonner vie à l’exploitation pétrolière du Venezuela, qui détient les plus grandes réserves de la planète. Le 28 août, le président américain a annoncé un accord qualifié d’historique avec Caracas. Washington doit y prendre le contrôle de 17 gisements. Le potentiel de production est estimé à 65 milliards de barils. Un pacte qui, selon Doug Burgum, apportera un avantage considérable aux États-Unis sur le long terme.
Le lien n’est pas nouveau. De nombreuses raffineries américaines ont été pensées pour le brut vénézuélien, mais elles en ont été privées pendant des années, entre sanctions et difficultés d’approvisionnement. Les flux ont repris en 2026, à des niveaux que l’on n’avait pas vus depuis huit ans. Ils restent toutefois loin du pic atteint à la fin des années 1990. Donald Trump espère que ce nouveau flot d’hydrocarbures compensera les perturbations en chaîne liées à l’Iran, qui poussent les prix à la hausse.
Le charbon vénézuélien est aussi au menu. Washington a évoqué l’ampleur des gisements du pays, une énergie très polluante qu’il cherche à relancer. Le même jour, il a abrogé certaines mesures encadrant les émissions des centrales électriques. Les deux capitales veulent conclure de nouveaux accords énergétiques, a indiqué le cabinet de Doug Burgum. Ce ministre, qui gère les terres fédérales et leur exploitation, a rappelé la présence à Houston d’entreprises américaines qui produisaient massivement du charbon vénézuélien il y a vingt-cinq ans. Il a aussi assuré que la reconstruction du réseau électrique vénézuélien réclamerait davantage de courant pour la consommation locale, une demande qui pourra être couverte par le charbon.
Washington a placé ces échanges sous le signe de l’abondance. La guerre menée contre l’Iran a pourtant restreint les exportations du Moyen-Orient et fait s’envoler les prix. Le gallon de gazole dépasse désormais 6,23 dollars en moyenne, un record. L’essence ordinaire a pris 44% par rapport à avant le conflit. Une inflation très impopulaire, qui fait craindre aux républicains une lourde défaite aux législatives de début novembre. Donald Trump a prédit mercredi que la guerre avec l’Iran s’arrêterait immédiatement après cette échéance. Il a aussi assuré lundi que Kiev et Moscou s’étaient engagés à épargner les infrastructures énergétiques adverses, après avoir reproché à l’Ukraine ses frappes sur des raffineries russes, qu’il a rendues responsables d’une pénurie de diesel. La Russie, membre du G20, a confirmé sa venue à Houston cette semaine, après des années de mise à l’écart dues à la guerre en Ukraine.
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