Politique
Violences dans le périscolaire parisien, Hidalgo et Grégoire attendus au Sénat
L’ancienne maire de Paris et son successeur s’expliquent cette semaine devant les sénateurs sur les défaillances de l’encadrement des enfants hors temps…


L’ancienne maire de Paris et son successeur s’expliquent cette semaine devant les sénateurs sur les défaillances de l’encadrement des enfants hors temps scolaire. Des enquêtes pénales visent déjà la Ville et plusieurs de ses responsables.
L’ancienne maire socialiste de Paris et son successeur sont attendus cette semaine au Sénat. Anne Hidalgo, qui a dirigé la capitale de 2014 à 2026, est convoquée mardi par la commission de la Culture et de l’Education, tout comme Patrick Bloche, son premier adjoint sur la fin du mandat et chargé des affaires scolaires. Le lendemain, c’est Emmanuel Grégoire, le nouveau maire PS, qui devra répondre aux questions des sénateurs. Adjoint à l’Hôtel de ville pendant dix ans, dont six comme premier adjoint, il avait rejoint l’Assemblée nationale en 2024 avant de prendre la tête de la Ville.
La mission d’information parlementaire planche sur les violences sexuelles commises dans le périscolaire. Agnès Evren, sénatrice LR et rapporteure, résume l’objectif. Comprendre où les procédures ont lâché et trouver les moyens de corriger le tir. Elle insiste sur la nature du rendez-vous, qui n’est selon elle ni un tribunal ni une tribune partisane. Pour elle, les failles se répètent à l’échelle du pays. Les trois élus parisiens sont par ailleurs visés par des enquêtes pénales ouvertes après plusieurs plaintes de familles. Celles-ci reprochent à la Ville et à ses responsables une non-assistance à personne en danger et une absence de dénonciation d’infractions concernant des enfants parfois âgés de deux à quatre ans.
Des élus de droite et du centre, dont Rachida Dati, ainsi qu’un groupe co-présidé par l’Insoumise Sophia Chikirou, ont saisi la justice en juin. Ils dénoncent l’inaction de la municipalité, prévenue dès 2015 par l’Inspection générale de la Ville dont les recommandations n’ont jamais été suivies d’effet. Anne Hidalgo balaie ces accusations, qu’elle juge totalement fausses. Elle s’est exprimée la semaine dernière pour la première fois depuis son départ de l’Hôtel de ville en mars 2026. Savoir que des prédateurs ont franchi les mailles du filet malgré tout ce qui avait été mis en place pour recueillir la parole des victimes, c’est une douleur, a-t-elle confié. Elle n’a en revanche pas présenté d’excuses.
Emmanuel Grégoire, lui, a franchi le pas. Il a lancé en avril un plan de vingt millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire, qu’il présente comme la priorité absolue de son début de mandat. Les chiffres donnent la mesure du chantier. Depuis janvier, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Côté pénal, plus de 200 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements.
Agnès Evren pointe un angle mort. Aucun recensement national ne permet de mesurer les violences périscolaires, et les remontées ne distinguent pas ce qui relève du scolaire ou du périscolaire. Elle veut quantifier le phénomène à l’échelle du pays. Elle dénonce aussi un fonctionnement en silo entre l’Education nationale, la police, le parquet et les villes, qui n’ont pas accès au fichier des antécédents judiciaires. Lundi, les sénateurs ont entendu Vincent Peillon, l’ancien ministre de l’Education qui a porté la réforme des rythmes scolaires en 2013. Une réforme déployée dans l’urgence, sans réflexion suffisante sur le recrutement et la formation des animateurs, selon la rapporteure. L’intéressé a reconnu un budget ridicule à l’époque et regretté l’absence d’une véritable filière d’éducateurs.
A Paris, une mission d’information et d’évaluation transpartisane du Conseil de Paris suit le même dossier. Elle a déjà auditionné Emmanuel Grégoire la semaine dernière et doit entendre Anne Hidalgo le 9 octobre, avant de rendre ses conclusions en décembre.
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