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Ebola en RDC, le Nord-Kivu s’enfonce pendant que d’autres provinces reprennent leur souffle
Les autorités congolaises évoquaient une décrue, mais le Nord-Kivu a vu son nombre de cas hebdomadaires doubler en quinze jours. Une épidémie à foyers…


Les autorités congolaises évoquaient une décrue, mais le Nord-Kivu a vu son nombre de cas hebdomadaires doubler en quinze jours. Une épidémie à foyers multiples, dont la réponse reste freinée par un financement humanitaire incomplet.
Le tableau national peut donner l’impression d’une accalmie. Mais à y regarder de plus près, la réalité du terrain raconte une tout autre histoire. Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola continue de gagner du terrain, et c’est le Nord-Kivu qui concentre aujourd’hui les inquiétudes. Si le gouvernement congolais évoquait mi-août un pic atteint et des paramètres orientés à la baisse à l’échelle du pays, les chiffres provinciaux, eux, ne suivent pas la même courbe. La situation épidémiologique reste profondément hétérogène, et une tendance nationale ne dit rien des réalités locales.
Le Nord-Kivu affiche une progression qualifiée d’exponentielle. En deux semaines, le nombre de décès hebdomadaires y a pratiquement doublé, passant d’une centaine de nouveaux cas par semaine à plus de deux cents. La province regroupait à elle seule environ 45 % des cas signalés la semaine dernière. Au 12 septembre, le pays comptait 7 200 cas et 3 475 décès, répartis sur sept provinces. La transmission du virus reste intense et couvre un vaste territoire.
D’autres zones laissent entrevoir des signes encourageants. En Ituri, foyer de l’épidémie déclarée à la mi-mai, la part des cas recule avec le temps. Le Sud-Kivu n’a enregistré aucun cas confirmé depuis la fin mai. Le Sud-Ubangi a signalé un cas récent, le Bas-Uélé trois, tandis que la Tshopo fait état de cas sporadiques, surtout importés. Le Haut-Uélé, lui, connaît une transmission locale plus installée, avec trente à quarante nouveaux cas chaque semaine. Ces indicateurs restent toutefois loin du niveau d’amélioration espéré, et le cas détecté récemment dans le Sud-Ubangi rappelle combien la très forte mobilité des populations peut favoriser l’extension géographique de la maladie.
Face à une épidémie aussi vaste, parler d’un seul foyer n’a plus vraiment de sens. Il s’agit plutôt de plusieurs foyers distincts, qui exigent chacun une réponse adaptée. Les acteurs humanitaires réclament davantage de moyens, alors que l’intervention humanitaire n’est financée qu’à hauteur de 49 %. La semaine dernière, 5 000 personnels de santé supplémentaires étaient jugés nécessaires pour faire face à la flambée. Plusieurs traitements et vaccins sont à l’essai contre le virus Bundibugyo, à l’origine de l’épisode actuel, pour lequel aucun vaccin ni traitement n’est encore homologué. Sans ressources nouvelles, impossible de ralentir la maladie puis de l’arrêter.
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