Société
Les pêcheurs délogés du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, le gouvernement promet une rencontre
Une cinquantaine de marins avaient paralysé un dépôt de carburant pendant plusieurs heures pour dénoncer la flambée des prix et la dégradation de leur…

Une cinquantaine de marins avaient paralysé un dépôt de carburant pendant plusieurs heures pour dénoncer la flambée des prix et la dégradation de leur métier. Ils ont été évacués, mais la colère reste intacte.
Le dépôt pétrolier s’est réveillé sous tension. Une cinquantaine de pêcheurs l’avaient investi au cœur de la nuit pour dénoncer la flambée du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail. Quelques heures plus tard, les forces de l’ordre, épaulées par des CRS, ont dégagé les lieux et l’activité a repris. Un bref face-à-face avait opposé les manifestants aux policiers, pendant que les pompiers éteignaient les restes de palettes en feu. À l’extérieur, la centaine de camions-citernes qui patientaient ont enfin pu entrer sur le site.
Les banderoles déployées disent l’ampleur du malaise. « L’Europe nous tue », « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ». Derrière les slogans, des griefs très concrets. Les marins pointent des coûts d’exploitation qui grimpent, un carburant qui pèse de plus en plus lourd dans les comptes et une accumulation de contraintes administratives et réglementaires. Ange Natoli, représentant des pêcheurs présents, a résumé l’attente du jour. Être reçus par Catherine Chabaud, la ministre chargée de la Mer et de la Pêche.
Le ministère assure avoir entendu le message. Catherine Chabaud a pris acte des revendications et recevra la profession dans les prochains jours, dans un esprit de dialogue. Tout le monde ne partage pas la méthode. Michel-Edouard Leclerc, qui préside le comité stratégique des supermarchés E.Leclerc, ne cache pas son scepticisme. Bloquer un dépôt « n’a pas de logique » et ne servira qu’à paralyser l’activité, estime-t-il, tout en assurant qu’à ce stade aucun risque de pénurie ne se profile.
La mobilisation ne se limite pas à Fos-sur-Mer. Dès la veille, plusieurs dizaines de pêcheurs avaient manifesté à Sète et à Port-Vendres. Dans l’Hérault, une délégation syndicale reçue en préfecture est repartie sans réponse à ses attentes, et Bernard Perez, président du comité régional d’Occitanie, prévient que le mouvement pourrait se durcir. Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Paca et de Corse, les organisations de producteurs de Méditerranée et des syndicats de marins ont uni leurs forces. Leur engagement est clair, ils continueront jusqu’à obtenir des réponses concrètes.
Ce bras de fer se joue sur un secteur loin d’être marginal. La France occupe la deuxième place des producteurs européens de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477 000 tonnes de poissons et de crustacés pêchés en 2024, un volume quasi stable sur un an. Un métier qui compte, donc, mais dont les équilibres économiques se fragilisent de saison en saison.
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