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Riyad promet une riposte musclée face aux Houthis qui tiennent Bab el-Mandeb

L’Arabie saoudite a promis mardi de répondre avec fermeté aux nouvelles attaques des Houthis, qui consolident leur emprise sur le détroit de Bab…

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Riyad promet une riposte musclée face aux Houthis qui tiennent Bab el-Mandeb

L’Arabie saoudite a promis mardi de répondre avec fermeté aux nouvelles attaques des Houthis, qui consolident leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage maritime vital pour le commerce mondial est devenu le nouveau point de bascule d’un conflit régional qui fait déjà flamber le pétrole.

La défense civile saoudienne a lancé plusieurs alertes dans la matinée, dont une pour La Mecque. Du jamais-vu depuis le début du conflit régional, déclenché fin février par l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Les environs de Jeddah, grande ville portuaire de l’ouest du royaume, et de Taëf étaient aussi concernés. Les avertissements ont été levés rapidement, mais le signal est clair. Riyad se sait visé, et pas seulement à ses frontières.

Car sur le terrain, les Houthis avancent vite. Ces derniers jours, le mouvement yéménite pro-iranien a infligé de lourds revers aux forces gouvernementales du Yémen et à leur allié saoudien. Il contrôle désormais tout le littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, détroit de Bab el-Mandeb compris. Ce passage relie l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez. Il était déjà très fréquenté avant la guerre au Moyen-Orient. Il est devenu bien plus stratégique encore depuis que l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.

Sa fermeture serait tout simplement catastrophique. C’est le ministère qatari des Affaires étrangères qui le dit, par la voix d’un de ses responsables, Ibrahim al-Hashmi. Son argument tient en une phrase. Le monde souffre déjà assez de la fermeture d’Ormuz, par où passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures de la planète. On ne peut pas se permettre d’ajouter Bab el-Mandeb à l’équation. Il appelle donc à la diplomatie et au dialogue. Dans le détroit d’Ormuz, justement, les navires qui tentent de passer sans l’autorisation de Téhéran sont régulièrement visés. Un bateau l’a encore été lundi, selon une agence maritime britannique.

L’Arabie saoudite, elle, se retrouve prise en tenaille. D’un côté les attaques houthies, de l’autre ses pétroliers menacés dans les deux détroits. Son oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation cruciale pour contourner le blocage d’Ormuz, est lui aussi à l’arrêt après des frappes de drones venues d’Irak, selon les autorités saoudiennes. Le royaume multiplie donc les contacts diplomatiques. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du pays, a reçu lundi le chef du Commandement central américain pour le Moyen-Orient, Brad Cooper. Il doit aussi rencontrer dans la journée le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Pour Mirette Mabrouk, du Middle East Institute à Washington, il cherche des garanties. Celles que l’Egypte interviendrait, si nécessaire, pour protéger Bab el-Mandeb.

Les Houthis n’ont pas ralenti. Lundi, ils ont encore massivement ciblé le sud de l’Arabie saoudite, blessant treize civils selon Ryad. Le royaume a riposté par des frappes et promis responsabilité et fermeté. Le mouvement a aussi visé les infrastructures pétrolières du premier exportateur mondial de brut, poussant les prix du pétrole au-delà du seuil symbolique des 100 dollars. Mardi matin, le baril de Brent gagnait encore 2,44 %, à 108,26 dollars, les investisseurs restant sur leurs gardes.

Dans ce contexte, Riyad avait demandé le report d’une rencontre avec l’Iran, censée réunir lundi à Oman les pays du Golfe. Téhéran, grand soutien des Houthis, assure pourtant n’avoir rien à voir avec ce conflit. Son porte-parole de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, décrit les Houthis comme des acteurs totalement indépendants, qui décident selon leurs propres intérêts. Les négociations pour sortir de la crise régionale sont au point mort depuis des semaines. Et la porte du dialogue avec Washington reste fermée. Téhéran a rejeté mardi toute discussion, en réponse à Donald Trump qui s’y disait ouvert la veille. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, a résumé la position iranienne sur les réseaux sociaux. Aucune discussion tant que les conditions de l’Iran ne seront pas remplies. Après des années d’accalmie, le Yémen a été entraîné en juillet dans le conflit régional. Les combats de ces dernières semaines dans l’ouest du pays ont fait des centaines de morts et déplacé près de 94 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

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