Société
Gravelines en grève pour défendre la facture d’électricité des agents EDF
La plus grande centrale d’Europe occidentale tourne au ralenti côté personnel. Mardi matin, environ 80% des salariés du site nordiste ont cessé le travail…


La plus grande centrale d’Europe occidentale tourne au ralenti côté personnel. Mardi matin, environ 80% des salariés du site nordiste ont cessé le travail pour protéger un avantage historique sur leur facture d’électricité.
Le mouvement est massif à Gravelines. Environ 80% des salariés de la centrale nucléaire du Nord, la plus importante d’Europe occidentale, ont cessé le travail mardi matin, dans le cadre d’un appel national. À 10 heures, plusieurs centaines d’agents, en poste ou retraités, s’étaient rassemblés devant le site, certains vêtus de chasubles et de vestes aux couleurs de la CGT, de FO et de la CFE-CGC, les trois syndicats représentatifs de la centrale. La production, elle, reste intacte, précisent les organisations. Cette mobilisation vise à protéger le tarif préférentiel d’électricité dont bénéficient les agents du secteur.
Cet avantage n’a rien d’anecdotique pour ceux qui le défendent. Il est inscrit noir sur blanc dans leur statut, rappelle Yannick Genin, délégué CFE-CGC, pour qui le tarif agent fait partie de l’identité même des salariés. La mise en œuvre des recommandations d’un rapport publié en juillet, qui prévoient une hausse de la fiscalité et des cotisations sur cet avantage en nature, entraînerait une perte de pouvoir d’achat, déplore Nicolas Dessertenne. Le représentant CGT évalue ce coup de rabot à 2 000 euros pour un foyer de quatre personnes. Il annonce la couleur. « On a un mouvement d’ampleur », lance-t-il, bien décidé à « frapper fort » et à aller plus loin si les revendications restent sans écho. Il évoque même de possibles arrêts de tranche.
Pour les agents, le débat ne porte pas sur une hausse de salaire, mais sur le respect d’un contrat. « On ne demande pas des augmentations de salaire, on demande juste que notre contrat de travail soit respecté », insiste Frédéric Savéant, délégué FO. Il ne refuse pas l’idée que l’État fasse des économies, mais pas question qu’elles soient prises sur les salariés. Son argument tient aussi à la situation du secteur, en pleine relance. On demande aux agents de prolonger les tranches et de construire des EPR, rappelle-t-il. Sacrifier une partie de leur salaire dans ce contexte lui paraît inacceptable.
Le raisonnement fait écho chez les plus jeunes. Jessica, 36 ans, employée de Gravelines, estime que sans ce tarif, EDF ne ferait pas le poids côté rémunération. L’avantage lui permet d’économiser une centaine d’euros par mois, de quoi compenser la concurrence des usines voisines d’Aluminium Dunkerque et d’AstraZeneca, qu’elle juge plus attractives. « Ce n’est pas si énorme que ça, mais quand on voit que tout augmente, on ne comprend pas qu’on veuille nous prendre » des avantages, souffle-t-elle.
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