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Deux avions italiens abattent un drone dans le ciel lituanien, une première pour l’Otan

Des chasseurs de l’Alliance atlantique ont intercepté un engin sans pilote qui venait de violer l’espace aérien lituanien. L’appareil, selon les données…

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Deux avions italiens abattent un drone dans le ciel lituanien, une première pour l'Otan

Des chasseurs de l’Alliance atlantique ont intercepté un engin sans pilote qui venait de violer l’espace aérien lituanien. L’appareil, selon les données préliminaires, arrivait du Bélarus voisin.

La nuit dernière, deux avions de chasse engagés par l’Otan ont intercepté puis détruit un engin sans pilote qui venait de pénétrer dans l’espace aérien lituanien. Les appareils et leurs équipages étaient italiens, déployés dans le cadre de la police du ciel que l’Alliance assure au-dessus des pays baltes. On ne sait pas, à ce stade, si le drone transportait une charge explosive. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit de la première fois qu’un aéronef de ce type est abattu dans le ciel lituanien. Le président Gitanas Nauseda a salué sur X une riposte rapide, insistant sur le caractère indispensable du dispositif allié au moment où la Russie durcit sa guerre contre l’Ukraine. Les débris sont tombés dans un secteur rural proche du lac de Kaunas, au centre du pays, sans faire de dégâts.

D’où venait l’engin ? La radio publique lituanienne LRT, citant les premières données du Centre national de gestion des crises, évoque une trajectoire partie du Bélarus, l’allié de Moscou, en direction de l’ouest. Le ministère italien de la Défense a confirmé l’interception, précisant qu’elle s’était déroulée dans le respect des procédures de l’Alliance. Son ministre, Guido Crosetto, effectue justement cette semaine une tournée en Pologne et dans les États baltes. La région vit sous la menace depuis des mois. Lundi soir, l’état-major polonais a lancé des opérations aériennes alors que des frappes russes touchaient l’Ukraine voisine. Lituanie, Lettonie et Estonie, anciennes républiques soviétiques frontalières de la Russie, signalent régulièrement des incursions de drones. Le 19 mai, un chasseur de l’Otan avait abattu au-dessus de l’Estonie un drone ukrainien, une première depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022. Selon plusieurs capitales européennes, Moscou détournerait volontairement des drones ukrainiens visant des sites industriels et pétroliers autour de Saint-Pétersbourg. Ces incidents n’ont provoqué ni victimes ni dégâts majeurs, mais ils ont exposé les failles des défenses aériennes locales, souvent incapables de repérer ces engins ou de les neutraliser.

Les réactions politiques n’ont pas tardé. Le chef de la diplomatie lituanienne, Kestutis Budrys, a remercié les alliés sur X, soulignant que leur présence protège le ciel du pays. L’Alliance, de son côté, se dit vigilante, engagée et prête. Depuis son exil, l’opposante bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a condamné le passage du drone par le territoire de son pays, refusant que celui-ci devienne une source de danger pour l’Europe et plaidant pour un Bélarus souverain et démocratique. La question de la défense, elle, dépasse le seul ciel. Début juillet, Gitanas Nauseda avait exprimé le souhait que la Lituanie participe à la dissuasion nucléaire occidentale. Vilnius a depuis entamé la levée de l’interdiction constitutionnelle de stocker des armes atomiques sur son sol. Une perspective qui a fait réagir le Kremlin. Le 11 septembre, son porte-parole Dmitri Peskov a prévenu que si de telles armes étaient déployées et pointées vers la Russie, le territoire lituanien se retrouverait à son tour dans le viseur des armes nucléaires russes.

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