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Le Canada veut devenir l’aimant à capitaux de la planète

Mark Carney a convié banquiers et fonds souverains du monde entier à Toronto pour les convaincre de financer la transformation de l’économie canadienne.…

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Le Canada veut devenir l'aimant à capitaux de la planète

Mark Carney a convié banquiers et fonds souverains du monde entier à Toronto pour les convaincre de financer la transformation de l’économie canadienne. Le Premier ministre cherche à sortir son pays de sa dépendance aux États-Unis et à bâtir de nouveaux partenariats.

Mille milliards de dollars canadiens, soit environ 622 milliards d’euros. C’est la somme que Mark Carney veut voir affluer au Canada d’ici cinq ans. Pour y parvenir, le chef du gouvernement a rassemblé à Toronto des représentants de sociétés d’investissement et de fonds souverains venus des quatre coins du globe. L’objectif est limpide, réduire la dépendance du pays à l’égard de son voisin américain et financer un véritable changement de cap économique. Il a promis des incitations fiscales et une bureaucratie allégée pour rendre le pays plus attirant aux yeux des capitaux étrangers.

Carney a appuyé là où ça compte. Il a mis en avant les richesses minières du sous-sol canadien, qu’il présente comme la clé de son « autonomie stratégique ». Il a aussi remis sur la table son projet de construire un nouvel oléoduc vers la côte Pacifique, capable de transporter au moins un million de barils vers les marchés asiatiques. « Nous libérons tout notre potentiel en tant que superpuissance énergétique », a-t-il affirmé.

La liste des invités en dit long sur l’ambition du rendez-vous. On y croise des entreprises du Golfe comme Mubadala, ADNOC ou DP World, la China Investment Corporation, de grandes banques et sociétés d’investissement telles que Bank of America, KKR, Macquarie ou Carlyle. Et même l’homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote.

Quelques heures à peine après l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains sur des produits canadiens, Mark Carney a voulu calmer les investisseurs, en particulier ceux venus des États-Unis, sur l’avenir de la relation entre les deux pays. « Nous serons toujours voisins, et le Canada restera le partenaire le plus important des États-Unis dans de nombreux secteurs clés », a-t-il assuré. Il a également répété devant la presse qu’un accord avec Washington restait « possible ». Le conflit commercial entre les deux voisins, qui se rendent coup pour coup, a grimpé d’un cran depuis la rupture des négociations le 21 août avec la Maison Blanche, accusée par le Premier ministre d’avoir voulu imposer à Ottawa un accord « injuste ».

Sur le ton de la plaisanterie, Mark Carney a raconté une anecdote censée « résumer un peu la relation » entre son pays et les États-Unis. Donald Trump lui aurait offert l’an dernier « une grande clé en or », en lui lançant qu’il s’agissait d’une clé de la Maison-Blanche qu’il suffisait de montrer pour entrer. Avant de le prévenir, à propos de la sécurité, qu’« ils te tireront peut-être dessus ». « Si on vous donne une clé du Canada, on ne va pas vous tirer dessus ici. On va vous accueillir », a-t-il répondu à l’adresse des investisseurs.

Cap sur l’Europe, désormais. Mark Carney doit s’envoler pour Strasbourg afin d’assister au discours sur l’état de l’Union de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et de prendre la parole devant les eurodéputés. Le rapprochement inédit avec l’Union européenne occupe une place centrale dans sa stratégie économique. Il veut sceller une « alliance unique » avec les 27, en insistant sur une idée simple. Pour le Canada, il est essentiel « d’être connecté avec des partenaires sur lesquels nous pouvons compter ».

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