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Ce village de 350 habitants vote pour quitter le Royaume-Uni

À Piddington, un hameau anglais sans le moindre commerce, la colère contre un futur centre pour demandeurs d’asile se traduit par un référendum symbolique…

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Ce village de 350 habitants vote pour quitter le Royaume-Uni

À Piddington, un hameau anglais sans le moindre commerce, la colère contre un futur centre pour demandeurs d’asile se traduit par un référendum symbolique sur la sécession. Un vote sans valeur juridique, mais qui en dit long.

Piddington tient en quelques mots. 350 habitants, une salle des fêtes, une église du XIIe siècle, un terrain de sport. Pas une boutique. Ce village paisible, niché à une vingtaine de kilomètres d’Oxford, se retrouve pourtant au cœur d’un débat brûlant. La raison se trouve juste à côté, sur le site militaire de Bicester, où le gouvernement travailliste envisage d’installer environ 1 250 demandeurs d’asile. Le ministère de l’Intérieur précise qu’il s’agirait uniquement d’hommes célibataires, âgés de 18 à 65 ans.

La décision définitive n’est pas encore tombée. Mais elle alimente déjà une bataille féroce. Comme d’autres communes britanniques logées à la même enseigne, Piddington a manifesté cet été, sans rien obtenir. Alors les habitants ont changé d’arme. Ils ont organisé leur propre vote sur une sortie du Royaume-Uni, remettant à chacun un bulletin où il pouvait approuver ou refuser cette phrase. Je soutiens la volonté de Piddington de faire sécession du Royaume-Uni et de poursuivre la voie de l’autodétermination. Tous savaient que le scrutin n’avait aucune base juridique. Peu importe. « La question est de savoir comment se faire entendre de façon différente des autres », résume Ian Darby, 63 ans. Certains sont même allés jusqu’à présenter leur résistance comme une nouvelle Bataille d’Angleterre.

Ce mini-Brexit villageois a fait le tour du pays. La question des migrants enflamme le Royaume-Uni, où les protestations hostiles aux demandeurs d’asile sont fréquentes, parfois violentes. Le parti anti-immigration Reform UK et des influenceurs d’extrême droite attisent le feu. Dans ce climat, le village a misé sur une formule très britannique, comme le souligne l’élu local Tim McNally. « Ce que nous faisons est très britannique, nous votons », lance-t-il, avant de rappeler que le sujet déborde largement sa région et concerne l’ensemble du pays.

Derrière Piddington se joue en réalité une politique nationale. L’exécutif travailliste s’est engagé à vider les hôtels qui hébergent des demandeurs d’asile, pour les reloger dans d’anciens sites militaires. Les chiffres officiels faisaient état de 16 000 personnes fin juin 2026, deux fois moins qu’un an plus tôt. Sur le site de Bicester, le ministère de l’Intérieur promet que la sécurité des migrants, du personnel et des riverains sera la priorité absolue. Une garantie qui ne convainc personne sur place.

Les habitants jugent le projet irréaliste. « Nous avons une salle des fêtes, une église et un terrain de sport, et c’est tout », martèle Ian Darby, qui s’interroge sur la façon dont ces hommes occuperaient leurs journées. Il parle d’un déséquilibre total, d’une prise de contrôle du village, avec quatre fois plus de nouveaux venus que d’habitants. Dans une lettre ouverte adressée aux députées du Parlement, 133 villageoises disent affronter « une crise » et redouter pour leur sécurité. Certaines se mettent même à l’autodéfense. « J’ai des petits-enfants qui viennent pendant les vacances, et je m’inquiéterai pour eux », confie Jennifer Owen, agricultrice de 76 ans.

Interrogé par une chaîne de télévision, le ministre Jonathan Reynolds a reconnu ces inquiétudes. Il défend malgré tout le choix du site, jugé plus adapté que les hôtels. « Il n’existe pas de lieu imaginaire où ces personnes pourraient aller », a-t-il déclaré, avant d’admettre que « rien de tout cela n’est agréable, rien de tout cela n’est facile ». Le résultat du vote ne pèsera sur aucun texte de loi. Mais à Piddington, on espère surtout qu’il résonnera bien au-delà des 350 habitants du village.

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