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En RDC, la rue gronde contre un possible troisième mandat et la police réplique

Plusieurs villes de la République démocratique du Congo ont été le théâtre d’affrontements mardi, quand les partisans de l’opposition ont tenté de défiler…

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En RDC, la rue gronde contre un possible troisième mandat et la police réplique

Plusieurs villes de la République démocratique du Congo ont été le théâtre d’affrontements mardi, quand les partisans de l’opposition ont tenté de défiler contre un projet de révision constitutionnelle. À Kinshasa, à Lubumbashi ou encore à Kisangani, les forces de l’ordre ont dispersé les rassemblements à coups de gaz lacrymogène.

En République démocratique du Congo, la question d’un troisième mandat empoisonne la vie politique. Le président Félix Tshisekedi, 63 ans, achèvera en 2028 son deuxième et dernier quinquennat, la Constitution du pays fixant la limite à deux mandats. Sauf que sa majorité prépare l’opinion, depuis des mois, à l’idée d’un changement de cette Constitution, ce qui pourrait lui ouvrir la voie vers un nouveau bail à la tête de l’État. Lui-même a laissé entendre, lors d’une conférence de presse en mai, qu’il accepterait de rempiler si le peuple le souhaitait.

Face à cette perspective, les principaux partis d’opposition, affaiblis par la présidentielle de 2023 largement remportée par Félix Tshisekedi, ont uni leurs forces en mai au sein d’une coalition baptisée C64. Leur objectif est clair, refuser dans la rue toute tentative de révision de la Constitution. C’est dans ce cadre qu’ils avaient appelé à une journée nationale de mobilisation mardi. Dans la capitale, quelques centaines de partisans se sont rassemblés dès le matin, brandissant une forêt de drapeaux aux couleurs des formations membres de la C64. Le rassemblement, lui, avait été autorisé. Des policiers anti-émeutes s’étaient déployés en nombre le long du parcours et aux principaux carrefours, où la circulation était étrangement fluide. Après le départ du cortège, des affrontements ont éclaté entre des miliciens proches du pouvoir et des partisans de l’opposition. Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule désordonnée, et au moins deux personnes ont été blessées.

Les choses se sont tendues ailleurs aussi. À Lubumbashi, grande cité minière du sud-est et capitale de la province du Haut-Katanga, fief électoral de l’ancien président Joseph Kabila, la manifestation avait été interdite par les autorités locales. De nombreux militants s’étaient malgré tout rassemblés dans le centre-ville avant d’être dispersés après des sommations et des jets de gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ont été interpellées. Mohamed Eyenga, coordonnateur provincial du parti d’opposition Envol et cadre de la C64, dénonce un déploiement jugé disproportionné de l’armée et de la police pour empêcher, selon lui, une marche pacifique. Il assure aussi que beaucoup de leurs militants ont été arrêtés de façon arbitraire. De son côté, le général Blaise Kilimbalimba, qui commande la police dans la province, affirme que ses hommes ont simplement permis à chacun de vaquer librement à ses occupations et qu’aucun manifestant pacifique n’a été interpellé.

À Kisangani, dans le nord-est, les forces de l’ordre étaient également présentes en nombre et ont encerclé le siège d’un parti d’opposition où les manifestants s’étaient réunis, les empêchant de défiler. À Mbandaka, dans le nord-ouest, le rassemblement avait lui aussi été interdit et une centaine de militants ont été dispersés sous les intimidations de policiers montrant leurs armes. Une dizaine de personnes ont été arrêtées.

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