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Don d’organes, la France cherche à faire mieux et ose désormais regarder du côté du porc

Près de 24 000 personnes attendent une greffe dans l’Hexagone et près d’un millier en sont mortes l’an dernier, faute d’organe disponible. Dans un avis…

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Don d'organes, la France cherche à faire mieux et ose désormais regarder du côté du porc

Près de 24 000 personnes attendent une greffe dans l’Hexagone et près d’un millier en sont mortes l’an dernier, faute d’organe disponible. Dans un avis rendu public, le Comité consultatif national d’éthique avance sept pistes pour desserrer l’étau, jusqu’à ouvrir la voie à la recherche sur des organes de porcs.

Le constat est sévère. En moins de dix ans, la liste d’attente a gonflé de moitié pour frôler les 24 000 patients au début de 2026. L’an dernier, la France a pourtant battu son record avec 6 148 greffes réalisées. Mais dans le même temps, 966 malades sont morts sans avoir reçu l’organe qui aurait pu les sauver. Pour le Comité consultatif national d’éthique, rien de tout cela n’a le goût d’une fatalité. Les patients, écrit-il, subissent des pertes de chances grandissantes alors que tous les leviers capables de mieux répondre à leurs besoins ne sont pas activés. L’exemple espagnol démontre qu’un système peut faire beaucoup mieux.

L’hôpital reste le maillon sur lequel tout repose. Le comité propose d’abord de muscler les équipes chargées de la coordination, de tisser des réseaux solides entre établissements d’un même territoire, d’élargir le prélèvement après arrêt circulatoire contrôlé et de recenser systématiquement les donneurs potentiels. Autant de réglages organisationnels qui, mis bout à bout, pourraient changer la donne sans bouleverser les principes.

Autre piste, le don du vivant. La France reste en retrait par rapport à d’autres pays, notamment pour le rein. Le comité invite à développer ce geste en direction d’un proche. Il va plus loin en préconisant d’autoriser le don de rein non dirigé, aujourd’hui interdit, avec anonymat garanti et un encadrement juridique et médical serré. De l’autre côté de la Manche, cette pratique a permis plus d’un millier de greffes depuis le milieu des années 2000. Reste un obstacle de taille, l’opposition croissante des proches de donneurs décédés. D’où l’insistance du comité sur l’information et la pédagogie, en direction des jeunes en particulier.

La proposition la plus inattendue concerne les xénogreffes. Le comité ouvre la voie à des recherches menées en France sur des organes de porcs génétiquement modifiés, à condition d’un cadre éthique, scientifique et sanitaire exigeant. Il s’agit d’anticiper les questions réglementaires et sanitaires avant toute généralisation clinique. Le consentement des patients, la sélection des candidats, le partage des bénéfices, les risques de transmission d’agents pathogènes ou encore les conditions de vie des animaux figurent parmi les points à trancher. L’Académie de médecine avait déjà réclamé, en 2025, un plan national sur le sujet.

Attention, prévient le comité, la xénogreffe ne doit pas se substituer au don humain. Elle pourrait devenir une solution complémentaire pour des patients qui ne peuvent pas recevoir de greffon humain ou qui attendent leur tour. Pour certains insuffisants rénaux, elle offrirait même une alternative à la dialyse en attendant une greffe. L’association Renaloo attend désormais que ces recommandations se traduisent dans les politiques publiques, le prochain plan greffe et les débats bioéthiques à venir.

Partout dans le monde, les recherches s’accélèrent. Les singes avaient d’abord la faveur des scientifiques, en raison de leur proximité génétique avec l’humain. Mais les ressources en captivité sont limitées, plusieurs espèces sont menacées et le risque de transmission de maladies reste élevé. Les cochons, dont les organes ressemblent aux nôtres, ont pris leur place. L’édition de gènes et la maîtrise de la réponse immunitaire ont fait sortir la xénogreffe du rayon science-fiction. Aux États-Unis, des transplantations expérimentales ont eu lieu depuis 2021 et les autorités sanitaires ont donné leur feu vert, en 2025, au lancement d’essais cliniques portant sur des reins de porcs.

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