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Des milliers de policiers réclament salaires et effectifs dans les rues de Paris

Plusieurs milliers de policiers ont défilé mardi entre les Champs-Élysées et l’Assemblée nationale pour dénoncer des rémunérations gelées et un quotidien…

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Des milliers de policiers réclament salaires et effectifs dans les rues de Paris

Plusieurs milliers de policiers ont défilé mardi entre les Champs-Élysées et l’Assemblée nationale pour dénoncer des rémunérations gelées et un quotidien toujours plus risqué. Venus de toute la France, ils demandent des hausses de salaire, davantage d’effectifs et une vraie reconnaissance de leur métier.

Le cortège s’est ébranlé peu après midi sous une pluie de confettis bleus et un concert de sifflets. Venus de Lille, Marseille, Lyon, Perpignan, Strasbourg, Nice ou Bordeaux, les manifestants ont rallié la capitale à l’appel du syndicat Alliance. Celui-ci rassemble surtout des gardiens de la paix et des policiers adjoints, ces agents contractuels souvent en première ligne. Dix mille personnes ont répondu présent selon les organisateurs. Le trajet, des Champs-Élysées jusqu’à l’Assemblée nationale, s’est voulu bruyant mais bon enfant.

Au cœur des revendications figurent des hausses de salaire, de meilleures conditions de travail et des effectifs renforcés. Le secrétaire général d’Alliance, Fabien Vanhemelryck, résume le sentiment général. On leur répète sans cesse que leur métier est respecté, mais du côté de la paie, rien ne bouge, déplore-t-il. Il pointe aussi la dangerosité croissante du quotidien, alors que la prime de risque n’a pas été revalorisée depuis 2019. Le représentant syndical devait être reçu au ministère de l’Intérieur dans la journée.

Dans les rangs, la lassitude domine. Une policière corse venue témoigner sous couvert d’anonymat parle d’une profession à bout de souffle, de collègues qui ne bouclent plus leurs fins de mois et de savoir-faire jamais reconnus. Une gardienne de la paix basée à Perpignan, tee-shirt noir frappé d’un A brodé sur la poitrine, réclame des effectifs, du matériel, de la sécurité et davantage de moyens. Sur le terrain, raconte-t-elle, la tâche n’a rien d’évident, surtout face à des personnes hostiles quand les policiers sont justement là pour les protéger. Un agent du Maine-et-Loire résume la situation en quelques mots. Les missions s’accumulent tandis que les troupes fondent, ce qui plaide selon lui pour un recentrage sur le cœur du métier.

Le cortège a aussi offert des images fortes. Quatre policiers déguisés en faucheuse, tout de noir vêtus, une faux à la main et une chaîne autour du cou, avançaient aux côtés d’une camionnette transportant des corbillards. Autre dossier porté par le mouvement, la création d’un statut pour les agents de la police technique et scientifique. Cette revendication remonte à une vingtaine d’années, rappelle la déléguée nationale adjointe Luna Debbiche. Elle décrit une filière incontournable, parfois confrontée à des scènes de crime particulièrement éprouvantes, et s’étonne que des millions puissent être débloqués pour certains sans qu’un geste soit fait pour d’autres.

Le mécontentement ne date pas d’hier. Alliance et Un1té police FO avaient déjà défilé côte à côte le 30 juin, puis quitté sans satisfaction une réunion consacrée au budget avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 4 septembre. Depuis, Un1té police FO enchaîne les actions, entre jets de menottes, rassemblements et barbecues de la colère. Mardi, ses membres ont mené des contrôles particulièrement zélés dans les aéroports de Roissy et d’Orly ainsi qu’à la gare du Nord, à Paris.

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