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L’écologie déjà priée de se serrer la ceinture

Les promesses de l’été ont tenu quelques semaines. À l’approche du budget 2027, 500 millions d’euros viennent d’être annulés et des coupes se profilent…

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L'écologie déjà priée de se serrer la ceinture

Les promesses de l’été ont tenu quelques semaines. À l’approche du budget 2027, 500 millions d’euros viennent d’être annulés et des coupes se profilent dans les agences qui protègent le pays des effets du climat.

Fin août, le Premier ministre Sébastien Lecornu jurait qu’il serait « invraisemblable de sacrifier l’avenir ». Il parlait de l’Éducation nationale, de la Recherche et de l’Écologie, trois budgets qu’il s’engageait à sanctuariser. Les crédits pour l’écologie devaient même grimper de 1,1 milliard d’euros. L’automne n’est pas encore là que le vernis craque. Pour boucler l’année 2026, l’exécutif a annoncé vendredi l’annulation de 500 millions d’euros, en piochant notamment dans les programmes liés à l’écologie et au service public de l’énergie. La raison invoquée est simple. Il fallait financer le plan d’urgence pour l’agriculture.

Le prochain projet de loi de finances, présenté le 30 septembre, s’annonce plus tendu encore. Matignon peaufine ses derniers arbitrages et envisagerait des coupes dans plusieurs établissements placés sous l’autorité du ministère de la Transition écologique. Les agences de l’eau, les parcs nationaux, l’Office français de la biodiversité, l’Ademe. Autant d’organismes dont les moyens pourraient fondre. Seule éclaircie dans ce tableau, le Fonds vert pour le climat, qui aide les collectivités à monter leurs projets, doit remonter à 1 milliard d’euros en 2027 après une année 2026 particulièrement maigre. Une remontée qui reste loin des 2,5 milliards atteints en 2024.

Ce tour de vis inquiète au plus haut point. « L’action de ces opérateurs permet de protéger les Français et l’économie de notre pays des hausses des prix du pétrole et du gaz, ou des impacts du changement climatique », souligne Benoit Leguet, directeur de l’Institut de l’économie pour le climat. Pour lui, le calcul est dangereux. « Une telle manœuvre court-termiste pourrait nous coûter rapidement très cher », prévient-il, en rappelant que ces structures ont déjà subi « une érosion marquée » de leurs crédits en 2026.

L’équation budgétaire, il est vrai, n’a rien de confortable. Il faut trouver 30 milliards d’euros d’économies, avec une croissance en panne et une Assemblée fracturée. Mais l’argument passe mal auprès des défenseurs du climat, après un été de canicules et d’incendies qui a mis au jour les failles de la préparation du pays. D’autant que Bercy a reconnu vendredi que l’inaction climatique amputerait le produit intérieur brut de 3,6 % d’ici à 2050, et donc les recettes publiques. « Si c’est ça la réponse du gouvernement à l’été incroyable et ses conséquences que nous sommes en train de vivre, c’est complétement indécent », lance Nicolas Richard, président de France nature environnement.

Le député insoumis Eric Coquerel, qui préside la commission des Finances, redoute pour sa part un « coup de grâce budgétaire ». Il cite un exemple concret. « À Météo-France, il manque une quinzaine de prévisionnistes, ils ne pourraient actuellement pas faire face s’il y avait deux mégafeux simultanés dans le Sud-Est et le Sud-Ouest. » Mardi soir, un collectif de syndicats et d’associations compte bien se faire entendre devant Bercy pour exiger que l’urgence climatique pèse dans le budget. Le Haut conseil pour le climat réclamait déjà en juillet « un engagement sur une trajectoire pluriannuelle de dépenses publiques pour l’atténuation et l’adaptation ».

La fin du mois doit aussi être marquée par un plan de financement étalé sur cinq ans, censé accélérer la mise en œuvre du plan national d’adaptation au changement climatique. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut, qui a bien failli claquer la porte cet été pour marquer son désaccord avec la loi d’urgence agricole, avance une piste. Relever le plafond du Livret A, de 23 000 à 30 000 euros, pour dégager des marges supplémentaires et permettre à la Caisse des dépôts de financer des prêts de long terme dédiés à l’adaptation. Une manière de trouver de l’argent ailleurs, sans toucher aux crédits de l’État.

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