Politique
La vie chère s’invite au cœur de la campagne présidentielle
Entre la flambée des prix de l’énergie et les appels à la mobilisation, le pouvoir d’achat s’impose comme le sujet qui domine la course à l’Élysée.…


Entre la flambée des prix de l’énergie et les appels à la mobilisation, le pouvoir d’achat s’impose comme le sujet qui domine la course à l’Élysée. L’exécutif, lui, avance avec des marges de manœuvre réduites à peau de chagrin.
Carburants hors de prix, factures d’énergie qui s’envolent et colère qui gronde. Voilà le mélange que redoute l’exécutif, échaudé par un mouvement des gilets jaunes qu’il n’avait pas vu venir en 2018. Une ministre confie son inquiétude, après avoir constaté, au retour d’un week-end, des prix à la pompe flirtant avec les trois euros le litre. Les gens attendent de l’aide, admet-elle. Mais l’État n’a plus les mêmes marges qu’à d’autres époques. Pour boucler son budget 2026 et dénicher trente milliards d’économies, le gouvernement serre les dents. Il fait le dos rond pendant qu’un dépôt pétrolier a été brièvement bloqué par des pêcheurs à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône.
Les prétendants à l’Élysée, eux, rivalisent de propositions pour alléger la note. Bruno Retailleau, à la tête des LR, avance une baisse de quinze à dix-sept centimes par litre en supprimant les certificats d’économie d’énergie, ce dispositif qui contraint les fournisseurs à financer des actions de sobriété. David Lisnard défend la même idée. LFI, de son côté, réclame un blocage des prix à 1,70 euro le litre. Marine Le Pen veut, elle, faire chuter la TVA sur l’énergie de 20 à 5,5 %. Retailleau appelle toutefois à se méfier des « bonimenteurs » et brandit l’état des finances publiques.
À gauche, la peur de rater le train de la contestation sociale est bien réelle. Fabien Roussel, du PCF, invite les Français à « se mobiliser sur les ronds-points » si le gouvernement ne bouge pas vite sur les prix de l’énergie. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, promet d’être « aux côtés » de ceux qui se soulèveraient. Manuel Bompard, pour LFI, annonce que son camp soutiendra la mobilisation du 17 octobre si elle se confirme. François Hollande presse, lui, l’exécutif d’agir au plus vite pour éviter les blocages, en appelant à des mesures pour les professionnels et à un chèque pour les particuliers.
Le travail revient aussi comme levier pour regonfler le pouvoir d’achat. La recette « travailler plus pour gagner plus », qui avait porté Nicolas Sarkozy en 2007, refait surface, avec l’idée de mieux rémunérer ceux prêts à travailler trente minutes de plus chaque jour. La réduction de l’écart entre brut et net séduit à droite comme au centre. Gabriel Attal promet 250 euros de plus pour un salarié touchant 2 200 euros net, grâce à une baisse de cotisations financée par des économies sur la sphère sociale. Raphaël Glucksmann, à gauche, soutient lui aussi cette baisse, mais compte la financer par une taxation accrue des « méga-héritages ».
Cette piste est pourtant rejetée par le PS, les Écologistes, le PCF et LFI. Ces formations préfèrent peser sur les salaires, via des conférences salariales ou une hausse du Smic. Jean-Luc Mélenchon veut porter le Smic à 1 700 euros. Marine Le Pen propose, elle, d’inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10 %, en exonérant cette hausse de cotisations patronales.
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