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La croissance française patine, la Banque de France abaisse encore ses prévisions

L’institution ne table plus que sur 0,4% de croissance en 2026, contre 0,5% annoncé en juin. La faute à des ménages qui consomment peu, des entreprises…

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La croissance française patine, la Banque de France abaisse encore ses prévisions

L’institution ne table plus que sur 0,4% de croissance en 2026, contre 0,5% annoncé en juin. La faute à des ménages qui consomment peu, des entreprises qui investissent timidement et une série de perturbations venues de l’étranger.

La Banque de France a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026. Elle mise désormais sur une hausse de 0,4% du produit intérieur brut, contre 0,5% annoncé en juin et 1% envisagé au départ. L’institution rejoint ainsi l’Insee et le gouvernement, qui ont tous deux rogné leurs attentes ces derniers jours. Le premier a ramené son estimation de 0,7% à 0,4%, le second l’a abaissée à 0,5% dans la perspective du budget 2027. Pour situer le point de départ, le PIB français avait progressé de 0,9% en 2025.

Les raisons de ce coup de frein sont multiples. La consommation des ménages manque de tonus et les entreprises investissent avec prudence. À cela s’ajoutent des vents contraires venus de l’extérieur, à commencer par la flambée du pétrole, repassé au-dessus des 100 dollars le baril sur fond de tensions dans le Golfe. Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, évoque une accumulation de perturbations. L’énergie d’abord, avec la guerre au Moyen-Orient depuis le 28 février. Les exportations ensuite, plombées au premier trimestre par des livraisons de moteurs d’avion chaotiques dans la filière aéronautique. La météo enfin, avec 52 jours de forte chaleur entre la mi-juin et la fin août, qui ont bousculé l’activité économique.

Le ciel devrait toutefois se dégager plus tard. La Banque de France anticipe une croissance de 0,9% en 2027 puis de 1,2% en 2028, portée par un pouvoir d’achat qui se redresse, des prix de l’énergie moins tendus et des exportations qui résistent. Le gouvernement table pour sa part sur 1% en 2027. Mais l’horizon reste bouché, prévient l’institution, qui garde des risques orientés à la baisse. La poursuite du conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur l’énergie continuent d’entretenir une forte incertitude.

Sur le front des prix, l’inflation devrait atteindre 2,3% en moyenne en 2026 selon l’indice harmonisé IPCH, contre 0,9% en 2025. La flambée de l’énergie explique l’essentiel de cette accélération. L’Insee voit le même niveau et le gouvernement table sur 2,1%. Pour 2027 et 2028, la Banque de France attend 1,9% puis 1,6%, quand l’exécutif prévoit 1,8% l’an prochain.

L’emploi paie aussi le prix de ce ralentissement. Le taux de chômage culminera à 8,4% en fin d’année et devrait s’établir en moyenne à 8,3% en 2026, contre 7,7% en 2025. Il resterait à 8,3% en 2027 avant de reculer à 8,0% en 2028. Dernier indicateur, une enquête mensuelle menée auprès de 8.500 entreprises laisse entrevoir une croissance de 0,1% au troisième trimestre, après une stagnation au deuxième.

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