Europe
Une panne du contrôle aérien cloue des milliers de voyageurs au sol au Royaume-Uni
Des centaines de vols ont encore été annulés outre-Manche, au lendemain d’une journée déjà noire pour le transport aérien. La piste de la cyberattaque est…

Des centaines de vols ont encore été annulés outre-Manche, au lendemain d’une journée déjà noire pour le transport aérien. La piste de la cyberattaque est écartée et le patron du contrôle aérien promet une enquête menée en profondeur.
Le trafic britannique a encaissé deux journées de pagaille d’une ampleur rare. La première a vu 1 746 vols purement et simplement supprimés. Le lendemain, 399 autres l’ont été, en grande partie au départ et à l’arrivée de Heathrow, l’une des plaques tournantes du continent européen. Sur l’ensemble de la séquence, plus de 330 000 passagers ont été touchés. Environ 155 000 ont vu leur vol s’évaporer, quand près de 180 000 autres ont dû composer avec des retards à répétition.
Les témoignages de ceux qui sont restés coincés racontent mieux que les statistiques ce qui s’est joué dans les terminaux. Matt Ernster, 28 ans, rentrait à Boston après une lune de miel à Paris et transitait par Heathrow. «Nous sommes restés assis dans l’avion pendant un peu plus de cinq heures», raconte le jeune homme. Une fois l’autorisation de débarquer enfin donnée, «la situation a viré au chaos total». La récupération des bagages «ressemblait à une scène apocalyptique», et aucun hôtel n’était libre à moins de deux heures de route. «C’est la pire expérience de voyage que j’aie jamais vécue.»
Du côté des autorités, l’hypothèse d’une attaque informatique a été balayée. «Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’une cyberattaque», a affirmé le patron du contrôle aérien britannique, Martin Rolfe, qui assure qu’une enquête «très, très approfondie» sera conduite pour établir la cause exacte de la défaillance. British Airways, la compagnie nationale, a de son côté dû supprimer près de 550 vols sur les deux jours, dont 200 lors de la seconde journée, affectant 85 000 de ses clients.
Le pays n’en est pas à son premier épisode. Un problème technique survenu en juillet 2025 avait déjà entraîné l’annulation de nombreux vols à destination et en provenance du Royaume-Uni, suscitant la colère des compagnies. Et en 2023, la pire panne des systèmes aériens connue depuis des années avait touché plus de 700 000 passagers, sans compter les centaines de vols retardés. Après s’être entretenue avec Martin Rolfe, la secrétaire d’État aux Transports, Heidi Alexander, a confié aux députés qu’à ses yeux le problème n’était pas «inévitable». Elle a ordonné une analyse indépendante pour comprendre ce qui s’est produit et «garantir que nos systèmes de contrôle du trafic aérien puissent amener les passagers là où ils doivent être». Ses conclusions sont attendues dans les six mois.
Le responsable du contrôle aérien affirme assumer «l’entière responsabilité» de la situation, tout en refusant de dire s’il envisage de quitter son poste. Neal McMahon, directeur des opérations de la compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair, a réclamé sa mise à l’écart, lui reprochant d’avoir «laissé tomber les voyageurs britanniques».
D’autres scènes disent l’ampleur du blocage. Josie Donoghue, professionnelle de santé, a vécu «un cauchemar absolu» à Gatwick. Son appareil en partance pour l’Irlande est resté immobilisé trois heures sur la piste avant qu’elle en soit débarquée. «Traverser cet aéroport, c’était comme essayer de s’échapper d’Alcatraz.» Susie Senahe, 55 ans, qui rentrait à Accra après avoir rendu visite à sa fille, a vu son voyage repoussé de plusieurs jours et prévoyait de dormir dans le terminal d’Heathrow. Une autre passagère, en route vers les États-Unis et souhaitant garder l’anonymat, a passé la nuit sur place, les hôtels des environs affichant complet.
Mauvaise nouvelle supplémentaire pour les naufragés du voyage. Il est peu probable qu’ils obtiennent une indemnisation, la panne devant vraisemblablement être classée parmi les «circonstances exceptionnelles» au regard de la réglementation sur les droits des passagers, fait savoir le régulateur britannique de l’aviation civile. Manchester, Birmingham et Édimbourg ont également été touchés, principalement lors de la première journée, tandis que l’aéroport de Dublin a annoncé l’annulation de dizaines de vols.
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