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Pour Alexander Stubb, Donald Trump a secoué l’Otan dans le bon sens

Le président finlandais dresse un bilan nuancé du retour du républicain à la Maison-Blanche. Il y voit une pression salutaire sur les dépenses de défense…

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Pour Alexander Stubb, Donald Trump a secoué l'Otan dans le bon sens

Le président finlandais dresse un bilan nuancé du retour du républicain à la Maison-Blanche. Il y voit une pression salutaire sur les dépenses de défense, tout en gardant les yeux grands ouverts sur les caprices du milliardaire.

Alexander Stubb ne se prend pas pour un sauveur. Le président finlandais, aux commandes depuis mars 2024, reconnaît sans détour que son lien avec Donald Trump a ses limites. « Je ne veux pas exagérer l’importance de mon rôle ni de ma relation avec le président des Etats-Unis », confie-t-il. Et il avance une raison toute simple. « Je viens d’un petit Etat, et lui représente une superpuissance. » A 58 ans, ce dirigeant possède pourtant deux atouts que peu de ses homologues européens peuvent revendiquer. Il a déjà tapé dans la balle avec Donald Trump sur un green, et il gouverne un pays qui partage une frontière avec la Russie.

C’est peu dire que les Européens cherchent encore la bonne façon de composer avec le locataire de la Maison-Blanche. Stubb, lui, assume une ligne sans illusion. « La relation est très pragmatique, mais ne nous faisons pas d’illusions. Le président Trump est un homme qui n’en fait qu’à sa tête », résume-t-il. La preuve est tombée il y a quelques jours. Le 9 septembre, Google annonçait un investissement de 13 milliards d’euros dans des projets liés à l’intelligence artificielle en Finlande. Lundi, Donald Trump s’emportait sur son réseau social, mécontent que cet argent parte ailleurs qu’aux Etats-Unis. « Je ne suis pas content de cela et je veux qu’ils changent d’avis. » Son interlocuteur finlandais préfère retenir le verre à moitié plein. Ce mégaprojet fera « beaucoup de bien aux relations bilatérales entre les Etats-Unis et la Finlande », veut-il croire.

Reste le dossier du Groenland. Les ambitions de Donald Trump sur ce territoire autonome danois ont provoqué une vraie brouille entre alliés en début d’année. Stubb ne s’en cache pas. « Je comprends que toute cette rhétorique politique mette mal à l’aise et, bien sûr, nous sommes à 100% aux côtés du Danemark, ça ne fait aucun doute. » Mais il invite à regarder l’autre face de la pièce. Selon lui, les Américains ont enfin saisi le poids de l’Arctique, et les Etats-Unis y demeurent « assurément » un partenaire.

Sur l’Otan, le Finlandais va même à contre-courant des critiques qui pleuvent de toutes parts. Malgré les attaques quasi quotidiennes du président américain contre l’Alliance atlantique, il estime que celui-ci lui a « fait du bien ». La raison tient en un chiffre qui monte, à savoir des dépenses de défense en hausse chez les Etats membres. « Pour un pays en première ligne comme la Finlande, c’est une bonne chose », tranche le dirigeant à la cravate violette.

L’héritage de son prédécesseur Sauli Niinistö, qui cultivait des liens étroits avec Vladimir Poutine, appartient désormais au passé. Aujourd’hui, Helsinki « essaie d’aider les Ukrainiens du mieux possible » et garde des canaux de discussion ouverts avec les négociateurs américains. L’idée d’un « envoyé spécial » européen parlant d’une seule voix sur ce conflit, un temps évoquée, semble en revanche enterrée. « Je pense qu’il est assez clair que l’Europe ne parlera pas d’une seule voix », lâche-t-il. Face à la guerre hybride qui traverse le continent, il plaide toujours pour une « réponse ferme ». « La frontière entre la guerre et la paix s’est brouillée, et c’est cette nouvelle réalité avec laquelle nous devons composer. » Avec, en guise de mode d’emploi, une recette bien nordique. Rester serein, faire un sauna, prendre un bon bain, puis analyser et agir.

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