Économie
McLaren met 583 millions d’euros sur la table et se lance dans le SUV
Le constructeur britannique engage 500 millions de livres sterling dans ses usines et son ingénierie au Royaume-Uni. Au programme, une nouvelle usine, des…


Le constructeur britannique engage 500 millions de livres sterling dans ses usines et son ingénierie au Royaume-Uni. Au programme, une nouvelle usine, des moteurs maison, un millier d’embauches et un premier SUV pour aller chasser sur les terres de Ferrari.
McLaren sort le chéquier. Le fabricant britannique de sportives haut de gamme va consacrer 500 millions de livres sterling, soit 583 millions d’euros, à ses activités de fabrication et d’ingénierie au Royaume-Uni. L’argent servira à bâtir une nouvelle usine d’assemblage sur le sol britannique, mais aussi à concevoir et produire en interne ses propres moteurs et transmissions. Le constructeur annonce dans la foulée la création d’un millier d’emplois directs et indirects d’ici 2032.
Le vrai changement de cap concerne la gamme. McLaren travaille sur son tout premier SUV, un modèle « performance » pensé pour doper les ventes et ratisser plus large. Nick Collins, le patron de la marque, n’a rien lâché sur les caractéristiques ou la date de lancement. « Nous le ferons à la manière de McLaren », a-t-il simplement répondu, assurant que le véhicule apporterait « quelque chose d’unique » à un segment déjà bien occupé, et que les clients y trouveraient leur compte.
Le SUV est devenu la machine à cash des marques de luxe. Lamborghini s’appuie sur son Urus depuis 2018 pour faire grimper ses volumes. Bentley place son Bentayga en tête de ses ventes. Ferrari a sorti le Purosangue, autour de 450 000 euros, en limitant volontairement la production pour ne pas diluer l’exclusivité de la marque. Autant de précédents qui expliquent l’appétit de McLaren pour ce format, capable de séduire des acheteurs qui ne se seraient jamais tournés vers une sportive classique.
Derrière le produit, il y a une équation financière. Michael Straughan, directeur des opérations, résume le besoin. McLaren doit grandir pour faire baisser ses coûts de matières premières et augmenter ses bénéfices, et la voie possible passe par une gamme plus large. La marque perd de l’argent depuis des années, mais son dirigeant assure que ses marges peuvent un jour se hisser au niveau de celles des références du secteur, Ferrari en tête. « Nous pouvons égaler les meilleurs, mais nous avons encore un long chemin à parcourir », admet-il.
Sur l’électrique, McLaren freine. Ferrari a beau avoir présenté sa Luce, un modèle entièrement électrique reçu avec réserve par les investisseurs, le britannique ne bouge pas d’un pouce. Nick Collins le dit sans détour. « Nous développerons un véhicule électrique lorsque nos clients nous le demanderont. Et pour l’instant, ils ne le demandent pas. »
Le calendrier n’est pas anodin. Pendant que McLaren investit, le reste du secteur serre les rangs. Nissan se sépare d’usines et enterre des projets de futurs modèles, Jaguar Land Rover réduit ses effectifs, et le conseil de surveillance de Volkswagen vient de valider un plan de redressement assorti de suppressions de postes massives. McLaren, lui, sort d’une année de cure d’amaigrissement menée après son rachat par une société basée à Abou Dhabi, qui a aussi pris une participation minoritaire dans ses activités de Formule 1. L’actionnaire principal est désormais l’IMAD, le fonds souverain de l’émirat, engagé à hauteur de 1,5 milliard de livres sur cinq ans.
Concrètement, le constructeur a coupé dans les stocks de voitures qui dormaient chez les concessionnaires. Une des deux équipes de production de l’usine de Woking, au sud-ouest de Londres, a été supprimée, et McLaren est passé à une fabrication à la commande. Le prix à payer se lit dans les ventes, tombées d’un peu moins de 3 300 exemplaires en 2024 à environ 2 000 en 2025. Nick Collins situe le nouveau plan d’investissement dans la continuité directe de cette restructuration.
« McLaren Automotive double la mise en Grande-Bretagne », peut-on lire dans un communiqué signé Andy Burnham.
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