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François Ruffin, un solitaire qui cherche encore ses alliés

Écarté de la primaire socialiste, François Ruffin doit faire campagne avec les seuls soutiens de son parti Debout. Le député de la Somme tend pourtant des…

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François Ruffin, un solitaire qui cherche encore ses alliés

Écarté de la primaire socialiste, François Ruffin doit faire campagne avec les seuls soutiens de son parti Debout. Le député de la Somme tend pourtant des perches, du communiste Fabien Roussel à l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, sans poser sa candidature comme l’unique option à gauche.

Les portes de la primaire socialiste se sont refermées devant François Ruffin. Raphaël Glucksmann et une partie des socialistes ont refusé d’ouvrir leur scrutin à l’ancien Insoumis, qui avait lui-même quitté La France insoumise en 2024 après les évictions de ses opposants internes. Il n’a pas mâché ses mots pour autant, dénonçant une primaire « censitaire » où il faut débourser 15 euros pour voter. Le voilà donc reparti vers l’Élysée avec, pour toute machine, son petit parti Debout, qu’il a tenté de faire grandir à l’échelle du pays.

Son credo, il le répète à chaque occasion. La gauche ne doit pas s’enfermer dans des cases séparées. « Il ne faut pas qu’on reste chacun dans notre couloir », a-t-il lancé lors d’un grand rassemblement de la gauche, où les prétendants se sont croisés. Sauf que son couloir, François Ruffin l’a déjà bien quitté. Et certains le lui font savoir, à l’image de ce cadre qui raille. « Ruffin donne le tournis. Il cherche absolument à se raccrocher à quelque chose. »

La preuve, il y a peu, avec Dominique de Villepin. Le député de la Somme a débattu avec l’ancien chef de la diplomatie et affiché leurs points communs, jusqu’à comparer leur échange à un « premier rendez-vous Tinder ». « Il y a un diagnostic partagé, il y a un horizon commun », a-t-il estimé, alors que l’ancien ministre des Affaires étrangères cherche lui aussi un espace à occuper. « Je sais pas si vous avez déjà préparé le PACS, mais disons qu’on se renifle », a-t-il même insisté.

Le rapprochement le plus crédible se joue peut-être ailleurs, du côté du Parti communiste. Avec Fabien Roussel, François Ruffin partage une ligne de gauche radicale, tournée vers les classes populaires rurales et péri-urbaines, loin des outrances de La France insoumise. Il a longtemps dit son affection pour le PCF, « le seul parti à gauche qui a formé des travailleurs », et rêvait d’avoir les communistes à ses côtés. Mais faute d’avoir créé une vraie dynamique politique ou sondagière, les rôles se sont inversés. C’est aujourd’hui le PCF qui aimerait compter sur son soutien.

Le porte-parole du parti, Léon Deffontaines, élu à Amiens aux côtés de Debout, ne cache pas son enthousiasme. « J’ai jamais vu les étoiles aussi alignées pour un rapprochement entre les deux. Il faut qu’ils se parlent. » Les deux candidats se sont croisés pendant le week-end et ont convenu de se revoir « bientôt ». François Ruffin le concède volontiers, « Roussel peut faire partie de la solution ». Un proche tempère pourtant. « Quand on est à 2%, on peut pas demander à celui qui est devant de se rallier. » Le communiste est régulièrement testé à 2 ou 3% quand Ruffin, lui, est crédité de 4 à 6% des intentions de vote.

L’intéressé reste plus prudent que son entourage. Il rappelle avoir « un rôle à jouer » dans cette campagne et glisse, comme pour ne fermer aucune porte, qu’il n’a « jamais mis le préalable du bulletin Ruffin à la fin ». Sa candidature n’est pas un ultimatum. En attendant, il continue d’avancer seul. Et regarde qui voudra bien l’accompagner.

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