Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Houston transforme la réunion du G20 en vitrine du pétrole américain

Les ministres de l’Énergie des grandes économies sont réunis au Texas, où Washington vante sans relâche sa production d’hydrocarbures. La guerre en Iran…

Article

le

Houston transforme la réunion du G20 en vitrine du pétrole américain

Les ministres de l’Énergie des grandes économies sont réunis au Texas, où Washington vante sans relâche sa production d’hydrocarbures. La guerre en Iran et le climat occupent, eux, très peu de place.

Depuis le début de la semaine, un même refrain circule dans les couloirs de Houston. Les États-Unis veulent « libérer le plein potentiel énergétique » du pays, et ils le répètent à chaque prise de parole. L’administration Trump assume un virage complet par rapport à Joe Biden, reprochant à son prédécesseur démocrate d’avoir cédé à « l’alarmisme climatique » en misant sur les énergies renouvelables. Produire plus, donc, pour alimenter la prospérité nationale et fournir aux alliés une énergie « sûre, abordable et fiable », selon les mots du ministre Doug Burgum. Le message est martelé, quitte à laisser de côté les questions qui dérangent.

L’Agence de protection de l’environnement a franchi un cap en supprimant une partie des plafonds d’émissions polluantes imposés aux centrales à gaz et à charbon. L’argument mis en avant tient en une ligne, la demande d’électricité grimpe, portée notamment par l’intelligence artificielle. La décision a fait sortir les associations de défense de l’environnement de leurs gonds.

Sur le fond, la réunion parle assez peu de la guerre lancée en février contre l’Iran. À Houston, où se croisent les représentants de la Chine, de l’Inde, du Japon, de l’Allemagne, mais aussi de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Canada, les déclarations publiques sur le conflit restent rares, y compris du côté américain. Doug Burgum s’est contenté d’expliquer que Donald Trump souhaitait que le monde entier ne soit pas obligé de se concentrer sur une seule région, le Moyen-Orient, « en proie à un cycle de perturbations lié aux goulets d’étranglement géographiques ». Le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran a fait s’envoler les prix du brut, et le secteur surveille désormais la mainmise des Houthis, proches de l’Iran, sur le détroit de Bab el-Mandeb, autre passage maritime capital. Un analyste pétrolier résume la situation avec une image musicale. Se passer du Moyen-Orient dans le pétrole reviendrait à imaginer un groupe sans batteur, tous les musiciens étant nécessaires pour que la musique soit jouée.

Washington veut changer de partition. La Maison Blanche appelle le continent américain, « de l’Alaska à l’Argentine », à devenir le « centre névralgique » de l’énergie mondiale. Dans cette équation, le Venezuela pèse lourd. Depuis la capture du président déchu Nicolas Maduro, le pays est devenu un allié de Washington, bien décidé à profiter de ses immenses sous-sols. Une délégation vénézuélienne a été invitée à Houston, et la ministre des hydrocarbures comme des membres de la compagnie publique PDVSA ont fait le déplacement. Après l’accord conclu cet été sur le contrôle par les États-Unis d’environ un cinquième des réserves d’or noir vénézuéliennes, le gouvernement américain dit anticiper d’autres partenariats.

Un chercheur de l’université Rice, à Houston, tempère cet enthousiasme. Face à la crise au Moyen-Orient, le Venezuela n’apporte aucune réponse rapide, même s’il devrait permettre d’augmenter la production sur le long terme, les infrastructures du pays souffrant de décennies de sous-investissement. Pour lui, le G20 ne peut pas peser beaucoup sur l’équilibre entre l’offre et la demande, sinon par la voie diplomatique, en tentant d’éteindre les conflits au Moyen-Orient et entre la Russie et l’Ukraine.

Le calendrier politique américain ajoute une pression supplémentaire. Une flambée des prix à la pompe pourrait coûter cher au camp présidentiel lors des élections législatives de novembre, et le gouvernement a tenu à rappeler que c’est « aux États-Unis que l’on trouve l’énergie la moins chère ». Le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a profité de la même journée pour présenter l’expansion d’un projet de terminal d’export de gaz naturel liquéfié, promettant d’« immenses bénéfices » pour le pays.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus