Monde
Les moins de 16 ans écartés des réseaux sociaux, la vague gagne la planète
D’Australie en Californie, les autorités multiplient les barrières pour tenir les mineurs à distance des plateformes. La Commission européenne dévoile…


D’Australie en Californie, les autorités multiplient les barrières pour tenir les mineurs à distance des plateformes. La Commission européenne dévoile mercredi ses pistes pour neutraliser les fonctionnalités qui rendent accros.
Le mouvement est mondial et il s’accélère. Plus d’une vingtaine de pays ont déjà bloqué ou prévu de restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, et sept d’entre eux appliquent déjà ces limites ou s’apprêtent à le faire. Partout, la même cible revient, les moins de 15 ou 16 ans. À Bruxelles, Ursula von der Leyen planche depuis des mois sur un moyen de brider les fonctions addictives des plateformes pour les plus jeunes. Elle présentera ses propositions mercredi devant le Parlement européen.
Certains pays n’ont pas attendu. L’Australie a ouvert la voie en interdisant, depuis décembre 2025, les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Sauf que la règle apparaît largement contournée, à en croire les données diffusées en août. Au Brésil, une loi entrée en vigueur en mars impose aux plateformes de rattacher les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents et de vérifier l’âge des utilisateurs. La Chine, où l’État encadre strictement internet, a restreint l’accès des mineurs par étapes depuis 2019, d’abord avec des plages horaires limitées et des couvre-feux pour les jeux en ligne, puis, à partir de 2023, pour les réseaux sociaux et les services de streaming. L’Indonésie a franchi le pas en mars, et la Malaisie a suivi avec une loi effective en juin qui écarte les moins de 16 ans des principales plateformes. Autant de législations qui butent sur le même obstacle concret, vérifier l’âge d’un internaute reste compliqué, et les jeunes trouvent souvent la faille.
La Turquie rejoindra bientôt ce club. Une loi votée en avril, applicable fin 2026, exclura les moins de 15 ans. Aux Émirats arabes unis, une interdiction visant la même tranche d’âge, annoncée en juin, doit prendre effet dans l’année. Aux États-Unis, la Californie s’est ajoutée à la liste, le gouverneur Gavin Newsom ayant signé le 10 septembre une dizaine de textes sur la protection des enfants en ligne. L’un d’eux interdit aux plateformes de proposer des fonctionnalités addictives aux moins de 16 ans, à partir de début 2027.
En Europe, plusieurs gouvernements avancent leurs pions. La Grèce veut fermer l’accès aux moins de 15 ans dès janvier 2027. L’Autriche et la Slovénie préparent des projets de loi visant respectivement les moins de 14 et 15 ans. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz se dit favorable à une restriction, voire à une interdiction pour les mineurs, et une commission d’experts a proposé en juin deux pistes, une interdiction graduée selon l’âge ou des limitations ciblées par plateforme. La Suède envisage une interdiction aux moins de 15 ans à partir de 2028, le Danemark a annoncé en octobre 2025 vouloir bannir « plusieurs réseaux sociaux » pour cette même tranche d’âge, et l’Irlande prévient qu’elle légiférera si l’Union européenne ne tranche pas.
Hors UE, la Norvège présentera d’ici la fin de l’année un projet de loi interdisant l’accès aux moins de 16 ans, et le Canada a dévoilé le 10 juin un texte fixant le même seuil. Au Royaume-Uni, les travaillistes veulent barrer les réseaux aux moins de 16 ans dès le printemps 2027, avec un couvre-feu nocturne pour les 16-17 ans. La Nouvelle-Zélande a emboîté le pas à l’Australie en août avec un projet de loi similaire.
Dans les parlements, les textes s’empilent. Le Portugal examine une proposition déposée en février par des élus du parti de droite au pouvoir, qui fixe à 16 ans la majorité numérique pour accéder seul aux plateformes, services, jeux et applications. L’Espagne veut relever à 16 ans l’âge minimum d’inscription sur un réseau social, via un projet dévoilé en mars 2025. L’Italie discute d’une interdiction pour les moins de 15 ans. En France, la loi votée cet été, qui bannissait les réseaux aux moins de 15 ans, a été retoquée par le Conseil constitutionnel au nom de la liberté d’expression. Emmanuel Macron a promis un nouveau texte « juridiquement robuste » d’ici le printemps 2027.
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