Europe
L’Europe fait payer l’entrée aux petits colis chinois
Le Parlement européen a validé une refonte en profondeur des douanes du continent, la plus ambitieuse depuis 1968. Dès novembre, des frais de traitement…


Le Parlement européen a validé une refonte en profondeur des douanes du continent, la plus ambitieuse depuis 1968. Dès novembre, des frais de traitement viendront s’ajouter aux 3 euros déjà prélevés sur les colis de moins de 150 euros, très majoritairement expédiés depuis la Chine.
Le feu vert est donné. Les eurodéputés ont approuvé la réforme du système douanier européen, ultime étape d’un chantier ouvert en 2023, après le compromis scellé par les États membres en début de mois. Le texte doit à la fois soutenir les échanges et faire respecter les règles communes, résume l’eurodéputé néerlandais Dirk Gotink, rapporteur du dossier, qui y voit la plus grande transformation des douanes européennes depuis 1968.
Concrètement, les petits colis vont coûter plus cher. À partir de novembre, des frais de traitement s’appliqueront aux envois importés dans les 27 pays, principalement depuis la Chine. Leur montant reste à arbitrer à l’échelle européenne. Ils viendront s’empiler sur une taxe de 3 euros par catégorie de produits, en vigueur depuis juillet pour tout paquet d’une valeur inférieure à 150 euros. Les grandes fédérations textiles du continent poussent pour un tarif de 10 euros, bien au-delà des 2 euros évoqués jusqu’ici.
La réforme ne se limite pas à la facture. L’Union se dote d’une base de données douanière unifiée, destinée à faire travailler ensemble les services nationaux, et installe une nouvelle Autorité à Lille, dans le nord de la France. Les entreprises qui bafouent de façon répétée les règles européennes s’exposent, elles, à une amende représentant au minimum 1% et jusqu’à 6% de la valeur des marchandises qu’elles ont importées dans l’Union sur les douze mois précédents.
Derrière ces mesures, un phénomène difficile à endiguer. Près de 5,9 milliards de petits colis ont débarqué sur le marché européen en 2025, soit plus de 180 chaque seconde, quatre fois plus qu’en 2022. L’écrasante majorité, 93%, arrive de Chine, via des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Des produits pas toujours conformes aux normes du continent, parfois dangereux ou contrefaits. Les douaniers, submergés, n’ont tout simplement pas les moyens de tout inspecter. La réforme doit financer un renforcement des contrôles.
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