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Une expo anti-IVG s’installe au Parlement européen, la gauche demande son démontage

Des images de fœtus, un discours bien rodé et une demande de retrait qui a peu de chances d’aboutir. À Strasbourg, trois groupes politiques réclament la…

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Une expo anti-IVG s'installe au Parlement européen, la gauche demande son démontage

Des images de fœtus, un discours bien rodé et une demande de retrait qui a peu de chances d’aboutir. À Strasbourg, trois groupes politiques réclament la fin d’une exposition hostile au droit à l’avortement.

À Strasbourg, une exposition présentée comme un hommage au commencement de la vie humaine fait grincer des dents. Des images de fœtus, la mise en avant d’un « miracle de la vie » et un message qui ne dit pas tout haut ce qu’il vise. L’événement a été monté à l’initiative de Paolo Inselvini, eurodéputé italien membre de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, et du groupe ECR. L’opération a été menée avec Pro Vita & Famiglia, une association italienne habituée des campagnes contre l’interruption volontaire de grossesse.

La gauche radicale, les Verts et les sociaux-démocrates n’ont pas attendu pour réagir. Leurs présidentes, Manon Aubry, Terry Reintke et Iratxe Garcia Perez, ont adressé un courrier à Roberta Metsola, qui préside le Parlement européen. Elles y réclament le retrait de l’exposition et veulent s’assurer que les locaux de l’institution ne servent pas de tribune à des campagnes qui s’attaquent aux droits fondamentaux des femmes. Pour elles, le décor est clair. Derrière un sujet présenté comme consacré aux débuts de la vie, l’initiative prend place dans une mobilisation plus vaste contre le droit à l’avortement. Elles y voient « une tentative manifeste de contester l’accès à l’avortement, même si cela n’est pas formulé explicitement ».

Paolo Inselvini, lui, assume une position sans détour. Sur Facebook, l’élu italien a expliqué que « la vie doit être défendue à chaque instant ». Il estime que l’Union européenne ne devrait pas financer l’avortement, mais plutôt soutenir tout ce qui vient en aide aux familles, aux parents et aux mères en difficulté. Un discours qui replace le débat là où il se joue depuis des années, entre droits des femmes et politiques d’aide à la parentalité.

Reste à savoir si la demande de retrait peut aboutir. Au Parlement, les eurodéputés peuvent organiser des expositions, à condition qu’elles n’aient pas de caractère commercial et qu’elles respectent les valeurs de l’Union. Chaque projet passe par une pré-autorisation d’un questeur, un député chargé du fonctionnement de l’institution. Un contrôle après coup demeure possible si l’événement pose problème. Mais la session plénière de septembre touche à sa fin, ce qui laisse très peu de marge pour un démontage avant la clôture des travaux.

L’inauguration a réuni plusieurs eurodéputés, dont la Française Marion Maréchal, élue ECR et alliée du Rassemblement national en France. Le rendez-vous n’a rien d’un cas isolé. En juillet dernier, Paolo Inselvini avait déjà organisé à Bruxelles un événement autour du cardinal ultra-conservateur Robert Sarah, qui y avait dénoncé des résolutions votées par les députés sur l’accès à l’avortement ou sur les droits des personnes LGBT+.

Pour les groupes de gauche, l’enjeu dépasse largement une salle strasbourgeoise. L’exposition illustre la manière dont les questions de santé reproductive se retrouvent désormais portées à l’échelle européenne, dans l’enceinte même qui légifère pour l’ensemble des États membres. Du côté des organisateurs, elle sert de caisse de résonance à un combat mené pays par pays. Une chose est sûre, le rapport de force ne se réglera pas sur un panneau d’affichage, mais dans les commissions et les votes à venir.

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