Économie
Volvo mise sur treize nouveaux modèles pour redresser la barre
Le constructeur suédois veut renouveler sa gamme d’ici 2030 avec treize véhicules inédits, dont six pour la Chine et sept pour les marchés occidentaux.…

Le constructeur suédois veut renouveler sa gamme d’ici 2030 avec treize véhicules inédits, dont six pour la Chine et sept pour les marchés occidentaux. Objectif affiché, dépasser les 8 % de marge opérationnelle, très loin des 3,5 % attendus pour 2025.
Le constructeur automobile suédois a profité de sa journée des investisseurs, organisée à Stockholm, pour dévoiler un plan produit ambitieux. Treize nouveaux modèles verront le jour d’ici 2030, avec l’espoir de relancer des ventes en perte de vitesse et d’élargir une gamme jugée trop étroite. La Bourse a plutôt bien accueilli l’annonce, l’action Volvo Cars gagnant 1,82 % à 18,5 couronnes suédoises, soit 1,64 euro, après un bond d’environ 4 % dans les premiers échanges.
La répartition géographique de cette offensive est déjà arrêtée. Six de ces véhicules sont destinés au marché chinois, sept aux marchés occidentaux. Les seconds reposeront sur les plateformes SPA2 et SPA3 de la marque, tandis que les premiers seront conçus main dans la main avec Geely Auto, la société sœur. Ce découpage traduit un virage assumé par le directeur général Hakan Samuelsson, qui a resserré le portefeuille de produits et misé sur la régionalisation, avec des offres taillées pour chaque zone et moins de personnalisation.
Le but affiché est un vieux serpent de mer, une marge d’Ebit supérieure à 8 %. Volvo en est encore loin, avec 3,5 % prévus en 2025. La marque n’a pas précisé quand elle comptait y parvenir. Elle a longtemps buté sur les droits de douane, le recul de la demande de véhicules électriques et des coûts de développement élevés.
L’histoire récente invite d’ailleurs à la prudence. En 2021, le constructeur visait une marge d’Ebit de 8 à 10 % pour le milieu de la décennie. Ses ambitions ont été revues à la baisse à plusieurs reprises, jusqu’au retrait pur et simple de ses prévisions financières en 2025. La même année, en avril, Hakan Samuelsson avait estimé que l’époque des entreprises véritablement mondiales était révolue, avant de lancer un plan destiné à garantir une autonomie opérationnelle en Chine et aux États-Unis.
Ce dirigeant a aussi enclenché un plan d’action de 18 milliards de couronnes suédoises pour réduire les coûts et améliorer la trésorerie, en s’appuyant sur un rapprochement avec l’actionnaire majoritaire Geely Holding. Le taux de pièces communes doit grimper de 10 % à 30 %, ce qui devrait générer près de 5 % d’économie sur les coûts des matériaux d’ici 2030, sans compter d’autres gains indirects. Les analystes de Citi restent réservés. Ils doutent que le marché intègre la probabilité d’un doublement de part de marché, vu l’intensité de la concurrence, et surveillent surtout la fragilité des objectifs de marge face à une baisse des volumes de vente.
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