Économie
La Banque d’Angleterre ne touche pas à ses taux mais prévient qu’un tour de vis reste possible
L’institution britannique laisse son taux directeur à 3,75% tout en relevant ses prévisions d’inflation. Si les tensions au Moyen-Orient s’installent…

Mis à jour le 17 septembre à 15h03
L’institution britannique laisse son taux directeur à 3,75% tout en relevant ses prévisions d’inflation. Si les tensions au Moyen-Orient s’installent, elle se dit prête à relever le coût de l’argent pour ramener les prix dans sa cible.
C’est un statu quo, mais un statu quo qui n’a rien d’un long fleuve tranquille. Jeudi, le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a choisi de laisser son taux directeur à 3,75%, comme les économistes s’y attendaient. Le vote a été serré, puisque six membres ont voté pour le maintien et trois pour un changement. Un signe que le débat interne reste vif sur la marche à suivre.
Le gouverneur Andrew Bailey a mis les choses au clair dans un communiqué. Plus la volatilité persiste, plus elle pèsera sur l’inflation, et plus un relèvement du taux deviendra probable pour garantir le retour des prix vers l’objectif de 2%. Derrière cette mise en garde, un contexte bien précis. La récente flambée des prix de l’énergie liée à la situation au Moyen-Orient a nourri les paris sur une hausse prochaine des coûts d’emprunt. La Banque centrale européenne a ouvert la voie la semaine dernière, la Réserve fédérale a suivi mercredi.
Les chiffres britanniques vont dans le même sens. En août, l’inflation a accéléré sur un an pour atteindre 3,1%, son plus haut niveau depuis cinq mois. L’institution a donc durci le ton. Elle anticipe désormais un dépassement léger des 4% au début de l’année 2027, alors qu’elle tablait auparavant sur un pic à 3,2% fin 2026. Bonne nouvelle en revanche du côté de l’activité, la croissance du troisième trimestre est revue à la hausse, de 0,1% à 0,4%.
Qu’attendent les marchés maintenant? Une hausse d’un quart de point en novembre, avec une probabilité estimée à 80%. Les économistes, eux, sont bien plus prudents. Un seul sur huit interrogés il y a une semaine envisage ce scénario. La dernière fois que la Banque d’Angleterre a bougé ses taux, c’était en décembre 2025, avec une baisse de 25 points de base.
L’institution a aussi profité de l’occasion pour dévoiler un plan de plusieurs années sur son portefeuille d’obligations d’État. Objectif affiché, céder la majeure partie des 488 milliards de livres sterling qu’elle détient encore d’ici 2034. Mais pas tout de suite. Les ventes seront suspendues pendant six mois et la cession des Gilts à long terme s’arrête complètement. Cette annonce tombe quelques jours après un pic des rendements à 30 ans, au plus haut depuis 1998, dans un mouvement mondial de ventes d’obligations. Une situation qui avait relancé les critiques sur une politique de vente générant des pertes pour la banque centrale, pertes qui sont prises en charge.
Le message est donc double. Andrew Bailey n’a cessé de répéter vouloir réduire le risque lié aux taux d’intérêt porté par le bilan de l’institution, alourdi par la détention de titres à long terme. Il a précisé que le comité et la Banque conserveraient une part substantielle du portefeuille détenu à des fins de politique monétaire, le reste devant être liquidé au cours des huit prochaines années. Les marchés ont applaudi. Le rendement du Gilt à 30 ans recule de plus de 10 points de base, à 5,751%, et celui à 10 ans perd 7,5 points de base, à 5,2281%. Pour les analystes, ces annonces devraient alléger la pression sur les rendements obligataires, puisque l’institution réduira le volume de dette publique remis sur le marché. Autrement dit, l’offre et la demande changent de dynamique, surtout sur les échéances longues. Un rappel utile, au passage, les prix des obligations évoluent toujours à l’inverse de leurs rendements.
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