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Takaichi garde son équipe et prépare un cadeau fiscal qui fait déjà débat

La cheffe du gouvernement japonais a reconduit jeudi ses ministres clés, un choix de continuité assumé avant une échéance interne à son parti. Elle doit…

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Takaichi garde son équipe et prépare un cadeau fiscal qui fait déjà débat

La cheffe du gouvernement japonais a reconduit jeudi ses ministres clés, un choix de continuité assumé avant une échéance interne à son parti. Elle doit aussi faire passer une baisse de la taxe sur la consommation dont personne ne sait encore comment elle sera financée.

Pas de grand chambardement. Sanae Takaichi a préféré jouer la stabilité en maintenant en poste l’essentiel de son gouvernement, à commencer par le secrétaire général et porte-parole de l’exécutif, Minoru Kihara. Les Finances restent entre les mains de Satsuki Katayama, la diplomatie entre celles de Toshimitsu Motegi, et la Défense entre celles de Shinjiro Koizumi. Un choix cohérent avec la popularité dont jouit la Première ministre, qui veut donner l’image d’une politique qui avance sans à-coups plutôt que d’une équipe qui se cherche.

D’autres poids lourds conservent aussi leur fauteuil. Ryosei Akazawa, qui négocie les questions douanières avec les États-Unis, garde le Commerce et l’Industrie. Minoru Kiuchi, partisan affiché de dépenses publiques généreuses, reste chargé de la stratégie de croissance économique. Le message est clair et se veut rassurant sur la direction prise. La cheffe du gouvernement l’a résumé en une phrase devant les journalistes, expliquant que sans croissance économique, des finances durables ne peuvent pas tenir. Elle promet de poursuivre une politique budgétaire qu’elle qualifie de responsable et volontariste, en misant sur l’investissement intérieur pour soutenir l’emploi et les revenus des ménages, avec l’espoir d’un cercle vertueux qui remplirait à terme les caisses de l’État.

Le calendrier n’est pas anodin. Ce remaniement intervient avant l’élection à la présidence du Parti libéral-démocrate, prévue l’année prochaine, et permet à Sanae Takaichi de consolider son capital politique sans bousculer ses soutiens. Une ouverture est tout de même faite du côté de la coalition, puisque la réforme réglementaire a été confiée à Hiroshi Nakatsuka, 70 ans, membre du Parti de l’innovation du Japon. Cette formation a scellé une alliance avec le PLD conservateur en octobre, mais avait jusqu’ici préféré rester à l’écart du gouvernement. Sa participation, même limitée, marque une étape.

Reste le dossier qui fâche. La Première ministre veut abaisser la taxe à la consommation sur les produits alimentaires dès l’année prochaine, une promesse séduisante pour les électeurs mais qui laisse les économistes perplexes. Le coût de la mesure est estimé à environ 5 000 milliards de yens, soit quelque 28 milliards d’euros, sans que la source du financement soit clairement identifiée. Le contexte n’aide pas, entre une inflation qui grimpe et un yen qui faiblit. La politique de dépenses ambitieuse de Sanae Takaichi a de son côté tendu les marchés, poussant le rendement de l’obligation d’État japonaise de référence autour de 3,0 %, un sommet inédit depuis trois décennies. Interrogée sur ces inquiétudes, elle a assuré que la confiance des marchés serait préservée grâce à une communication renforcée avec le public comme avec les acteurs financiers, et à une explication de sa politique menée avec un haut niveau de transparence.

La défense n’est pas en reste. Prolongé à son poste, Shinjiro Koizumi porte la mise à jour de la politique de défense du pays, tout en appliquant la volonté présidentielle d’augmenter les dépenses militaires. Il l’a dit sans détour, cette révision a un impact majeur sur la sécurité du Japon et sur l’ensemble de la région. Son ministère, estime-t-il, doit mobiliser toutes ses ressources et avancer plus vite, avec un fort sentiment d’urgence.

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