Faits Divers
Un chirurgien de Colmar condamné pour des agressions sexuelles au bloc opératoire
Un ancien praticien des Hôpitaux civils de Colmar écope de trois ans de prison, dont un an ferme, pour des violences sexuelles et du harcèlement moral…

Un ancien praticien des Hôpitaux civils de Colmar écope de trois ans de prison, dont un an ferme, pour des violences sexuelles et du harcèlement moral visant quatre femmes. Il perd aussi définitivement le droit d’exercer la médecine.
Le tribunal correctionnel a rendu son verdict tard jeudi soir. L’homme, âgé de 70 ans, a été condamné à trois ans de prison. Un an sera effectué ferme, mais il ne passera pas par la case détention classique. La justice a opté pour un placement à domicile, sous surveillance électronique, pour cette portion de la peine. Les deux années restantes sont couvertes par un sursis probatoire de deux ans. À cela s’ajoute une interdiction définitive d’exercer comme médecin.
Le parquet avait demandé une sanction plus lourde, réclamant trois ans de prison dont la moitié ferme, avec un mandat de dépôt à la clé. Le tribunal a finalement suivi un autre chemin. Les faits reprochés s’étalent sur plus de quatre ans, entre juillet 2017 et janvier 2022. Le praticien, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologique, a passé l’essentiel de sa carrière dans ces mêmes Hôpitaux civils de Colmar. Son nom a aussi circulé en politique locale, puisqu’il a siégé au conseil municipal de la ville jusqu’en 2020.
Ce qui lui est concrètement reproché donne la mesure du dossier. Il aurait simulé un acte sexuel sur une infirmière, au bloc opératoire. Il aurait tenu des propos et adopté des attitudes méprisantes envers une autre infirmière. Il aurait également saisi le sein d’une agente de service hospitalier. Une cadre de santé a raconté, de son côté, avoir été mise à l’écart et discréditée sitôt arrivée au bloc. Ces quatre femmes ont porté plainte. Leur parole a été entendue.
Treize autres personnes sont venues témoigner à la barre. Elles ont évoqué des gestes à connotation sexuelle de la part du chirurgien, comme l’a rapporté la présidente du tribunal. Ces témoignages n’ont pas donné lieu à des poursuites, faute d’être inclus dans la procédure jugée. L’homme, lui, n’a rien reconnu. Il s’est défendu en affirmant avoir consacré sa vie au service public et n’avoir jamais crié ni eu de comportements déplacés. Une ligne de défense qu’il tenait déjà pendant l’enquête.
Son parcours professionnel a connu des secousses avant même ce jugement. Suspendu à titre conservatoire en 2022, il avait obtenu l’annulation de cette décision par la justice administrative. Il avait alors rebondi dans une clinique privée de la région Centre-Val de Loire. Il a aussi été suspendu en janvier par l’ordre des médecins. Il lui reste désormais dix jours pour faire appel.
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