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Des messages internes chez Microsoft évoquent un pillage inédit au cœur du procès contre OpenAI

Un cadre de Microsoft a décrit l’absorption de millions d’articles du New York Times pour entraîner l’IA d’OpenAI comme un vol stupéfiant et sans…

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Des messages internes chez Microsoft évoquent un pillage inédit au cœur du procès contre OpenAI

Un cadre de Microsoft a décrit l’absorption de millions d’articles du New York Times pour entraîner l’IA d’OpenAI comme un vol stupéfiant et sans précédent. Ces écrits internes rejoignent une bataille judiciaire qui pourrait redessiner les rapports entre presse, droit d’auteur et intelligence artificielle.

Ce sont des mots qui pèsent lourd dans un dossier déjà tentaculaire. Brent Hecht, directeur des sciences appliquées chez Microsoft, décrit dans des écrits internes la copie massive d’articles du New York Times pour développer les modèles d’OpenAI comme un « vol stupéfiant de proportions sans précédent ». Il avance même l’hypothèse du « plus grand vol de travaux de l’histoire de l’humanité ». Ces écrits ont été versés à la procédure engagée fin 2023 par le quotidien new-yorkais contre OpenAI et Microsoft pour atteinte à la propriété intellectuelle.

Depuis l’assignation, des dizaines d’écrivains et de groupes de médias ont rejoint l’action devant la justice civile fédérale de Manhattan. Le cœur du litige porte sur la manière dont les modèles d’IA générative sont construits. Ils ingèrent des quantités colossales de textes rédigés pour apprendre à deviner la réponse à une question posée par un utilisateur. Microsoft, l’un des premiers grands investisseurs d’OpenAI dès 2019, est accusé d’avoir fourni à la start-up californienne des ressources informatiques pour développer ses modèles, puis d’avoir utilisé cette IA dans ses propres produits, dont son moteur de recherche Bing.

Le dossier ne se limite pas aux articles de presse. Il cite aussi des messages d’un responsable de ChatGPT, le robot conversationnel qui a lancé la vague de l’IA générative en novembre 2022. Celui-ci voit dans cette technologie une « menace existentielle » pour les éditeurs. Selon lui, les interfaces d’IA « se substituent, pour l’essentiel » aux sites traditionnels d’information, et ce mouvement devrait s’accentuer « à mesure qu’elles s’améliorent ».

Face à ces éléments, OpenAI et Microsoft défendent l’idée d’un usage loyal, ou fair use, une exception au droit d’auteur qui autorise, dans certaines conditions, l’exploitation non consentie d’une œuvre. Ils soutiennent également que le développement de l’IA transforme les contenus utilisés. Début septembre, le ministère américain de la Justice a déposé un mémoire en soutien aux deux entreprises, mettant en avant le progrès scientifique, la croissance économique et la sécurité nationale.

Les parties continuent d’alimenter le dossier en vue d’un possible jugement par procédure simplifiée. Dans ce scénario, le juge chargé de l’affaire trancherait sans procès complet. Les documents peuvent encore être déposés jusqu’à la mi-novembre, mais le juge fédéral Sidney Stein ne devrait pas rendre sa décision avant la fin 2026, et plus probablement en 2027. Si la voie simplifiée est écartée, un procès se tiendra plus tard.

Pour les créateurs et les éditeurs, l’issue du bras de fer dépasse le seul cas du New York Times. Elle pourrait déterminer la facilité avec laquelle les entreprises d’IA s’appuient sur des œuvres protégées pour entraîner leurs modèles, et donc la capacité des médias à monnayer leurs contenus. Pour le public, elle touche à la manière dont l’information circule, entre réponses synthétiques des robots et visites sur les sites qui produisent les articles.

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