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Gabriel Attal veut des États-Unis d’Europe pour muscler le Vieux Continent

Le candidat à la présidentielle plaide pour la fusion économique et écologique d’un noyau dur de pays européens. Une façon de répondre à la concurrence de…

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Gabriel Attal veut des États-Unis d'Europe pour muscler le Vieux Continent

Le candidat à la présidentielle plaide pour la fusion économique et écologique d’un noyau dur de pays européens. Une façon de répondre à la concurrence de la Chine, des États-Unis et de la Russie, quitte à réveiller le vieux rêve fédéraliste de Victor Hugo.

Pour Gabriel Attal, le compte n’y est plus. L’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, à 27, serait arrivée au bout de ce qu’elle peut donner. Le candidat à la présidentielle l’affirme sans détour, persuadé que le cadre actuel empêche d’aller plus loin. Sa réponse tient en une idée forte, la fusion économique et écologique d’un noyau dur de pays, qu’il présente comme le chantier d’une génération, voire d’un siècle. Cette sortie lui permet aussi d’exister dans un espace politique où Édouard Philippe, son rival au sein du bloc central, le devance dans les sondages. Les deux hommes ont dirigé Matignon, mais le second reste discret sur le sujet européen.

Il ne s’agit pas de créer un pays unique, prévient-il. L’ambition consiste à faire converger les économies d’un petit groupe d’États, sans toucher aux compétences régaliennes, qui resteraient entre les mains des gouvernements nationaux. Au menu, la disparition des frontières économiques, l’alignement des impôts et des taxes, un droit du travail partagé, l’émergence de champions bancaires et télécoms, ou encore l’émission d’une dette commune. Les citoyens seraient invités à se prononcer lors d’un premier référendum organisé en même temps dans tous les pays concernés. Un président serait élu au suffrage universel, et un parlement rassemblerait les députés européens déjà en poste. Le nombre de pays participants importe peu, assure-t-il.

Face à Marine Le Pen et à sa préférence nationale, Gabriel Attal oppose une préférence européenne. À Jean-Luc Mélenchon, qui défend des écorégions, il répond par l’idée d’un écocontinent, jugeant qu’un problème mondial ne se règle pas à l’échelle locale. Le secrétaire général de Renaissance veut faire de l’Europe un marqueur fort de sa campagne, dans un paysage où Raphaël Glucksmann a bâti la sienne depuis le Parlement européen. Comme président, il promet de convaincre les dirigeants du continent de signer un traité fondateur, point de départ de ces États-Unis d’Europe. Ce noyau dur partirait ensuite à la conquête des frontières technologiques du siècle, de l’intelligence artificielle à l’énergie décarbonée, en passant par un vaccin contre le cancer ou la conquête spatiale.

Le projet a été mûri pendant six mois, nourri d’une tournée européenne menée en mars. Deux figures y ont contribué, l’eurodéputée Valérie Hayer et le député Pieyre-Alexandre Anglade. Son compagnon, le commissaire européen Stéphane Séjourné, n’a pas pris part aux travaux. L’équipe du candidat assure disposer de multiples contacts à l’étranger et promet une tribune cosignée par des personnalités politiques, notamment des parlementaires européens. Gabriel Attal revendique enfin l’héritage de Victor Hugo, qui avait forgé l’expression, et salue l’action d’Emmanuel Macron.

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