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À Tarascon, d’anciens salariés rallument la machine pour protéger leur usine

Après deux semaines de bras de fer avec le liquidateur judiciaire, d’anciens salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon sont entrés sur le site pour…

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À Tarascon, d'anciens salariés rallument la machine pour protéger leur usine

Après deux semaines de bras de fer avec le liquidateur judiciaire, d’anciens salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon sont entrés sur le site pour relancer les pompes et la station d’épuration. Une opération de sécurisation menée au nom de l’arrêté préfectoral, que le liquidateur qualifie d’occupation illégale.

Depuis le 29 juillet, l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ne produit plus rien. Elle a été placée en liquidation judiciaire, laissant 270 personnes sans activité. Sauf que le site, classé Seveso seuil bas, n’est pas devenu inoffensif du jour au lendemain. Les produits chimiques et les matières encore stockés constituent toujours un risque. C’est précisément là que le bât blesse.

Jeudi, d’anciens salariés ont franchi les portes du site de fabrication de pâte à papier. Leur objectif, sécuriser les installations. Concrètement, ils ont relancé les pompes pour remettre en marche le dispositif de sécurité incendie, ainsi que la station d’épuration, indispensable pour préserver l’environnement. « Les salariés du site appliquent eux-mêmes l’arrêté préfectoral en sécurisant le site », explique François Batista, du syndicat CGT des Bouches-du-Rhône. Deux à trois heures suffisent pour que tout redémarre.

Cette intervention est l’aboutissement de deux semaines de tension. La préfecture a mis en demeure le liquidateur de prendre des mesures d’urgence pour écarter tout risque de pollution, produits chimiques compris. En face, le liquidateur dénonce « une occupation illégale » menée par des « syndicalistes » et prévient que relancer le site « représente un danger pour la population ». Il assure de son côté remplir sa mission avec des équipes présentes sur le terrain, pour réduire les risques progressivement et organiser l’évacuation des produits et matières encore là.

La lecture juridique de la situation est tout autre. Ces salariés protégés sont entrés avec leur badge et disposent d’une autorisation pour se trouver sur place. Aucune infraction n’a été relevée, et la reprise de la pomperie comme de la station d’épuration est bel et bien confirmée.

Plus tôt dans la journée, les salariés avaient reçu la visite de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, venue alerter sur le « cocktail Molotov » que pourrait provoquer un site laissé sans surveillance. « Nous venons de constater qu’il n’y a strictement rien de fait en matière de sécurité », a-t-elle affirmé.

L’enjeu dépasse d’ailleurs le seul site de Tarascon. Fibre Excellence est le dernier producteur de pâte à papier du pays, et le groupe espère sauver son usine de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, près de Toulouse. Celle-ci est en redressement judiciaire depuis la fin du mois d’avril et vient d’obtenir un nouveau délai de trois mois pour qu’un investisseur potentiel finalise son offre de reprise.

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