Économie
Le riz indien manque d’eau et la récolte s’annonce en net recul
Le premier producteur mondial de riz devrait perdre environ 10 millions de tonnes cette année, une première en dix ans. Les pluies trop faibles de la…


Le premier producteur mondial de riz devrait perdre environ 10 millions de tonnes cette année, une première en dix ans. Les pluies trop faibles de la mousson pèsent sur les rendements, mais les réserves accumulées devraient éviter toute pénurie à l’export.
C’est un coup dur pour le grenier à riz de la planète. L’Inde, premier producteur et premier exportateur mondial, s’achemine vers une récolte en baisse pour la première fois depuis dix ans. Et l’ampleur du recul n’a rien d’anodin, puisqu’il s’agirait de la chute la plus marquée depuis près de deux décennies. En cause, une mousson trop discrète, tombée en quantité insuffisante au moment même où les plants ont besoin d’eau pour se remplir.
Depuis le 1er juin, date d’arrivée de la mousson, les pluies accusent un déficit de 15 % par rapport à la normale sur l’ensemble du pays. Le déséquilibre est bien plus violent dans plusieurs États producteurs, où il grimpe jusqu’à 42 %. Les régions du sud et de l’est ont subi plusieurs semaines sans précipitations, ce qui a cassé le potentiel des cultures. La superficie semée cet été pour le riz a ainsi reculé de près de 4 % en septembre. Un chiffre qui compte lourd, puisque ces surfaces représentent plus de 80 % de la production totale du pays.
Les conséquences se font déjà sentir sur les étals. Les prix locaux grimpent, portés par les prévisions de récolte amputée, et les cours à l’exportation ont atteint leur plus haut niveau depuis plus d’un an. La hausse ne concerne pas seulement l’Inde, puisque la Thaïlande et le Vietnam, autres grands acteurs du marché, vendent eux aussi plus cher. Pour les acheteurs étrangers, la facture s’annonce plus salée.
Le président de l’association des exportateurs de riz, B.V. Krishna Rao, chiffre le manque à venir à environ 10 millions de tonnes. Cela équivaudrait à une baisse de près de 6,5 % par rapport au record de 154 millions de tonnes atteint l’an dernier. Selon lui, les producteurs de variétés haut de gamme profiteront de la situation en obtenant de meilleurs tarifs sur le marché libre, au détriment des ventes à l’État.
La récolte d’hiver, qui complète les quelque 20 % restants, devrait elle aussi souffrir. Les réservoirs contiennent moins d’eau que d’habitude, souligne Nitin Gupta, directeur adjoint pour l’Inde chez Olam Agri India, une société de négoce de matières premières agricoles. De quoi limiter encore les volumes disponibles dans les mois à venir.
Faut-il pour autant craindre des restrictions à l’export ? Rien n’est moins sûr. Les stocks publics de riz, paddy non décortiqué compris, ont atteint un niveau record de 59,6 millions de tonnes au 1er septembre, très loin de l’objectif de 10,3 millions de tonnes fixé pour le 1er octobre. Ces réserves, bâties grâce aux récoltes exceptionnelles des années précédentes, devraient permettre à New Delhi de continuer à vendre à l’étranger sans fermer ses portes.
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