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Yémen, les Houthis s’emparent du détroit qui fait trembler le pétrole mondial

En quelques jours à peine, les Houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, un verrou entre…

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Yémen, les Houthis s'emparent du détroit qui fait trembler le pétrole mondial

En quelques jours à peine, les Houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, un verrou entre l’Europe et l’Asie.

L’offensive a été rapide. Les combattants houthis tenaient déjà une bonne partie du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa et le port de Hodeida, et ils ont poussé vers le sud jusqu’à la mer. En l’espace de quelques jours, tout l’ouest est tombé. « Tout ce qui était sous notre contrôle sur la côte occidentale est tombé », confirme un responsable militaire du gouvernement yéménite reconnu sur la scène internationale et soutenu par Ryad. À Téhéran, la nouvelle a été accueillie avec satisfaction.

Ce basculement change la donne pour l’Arabie saoudite. Le royaume, premier exportateur mondial de brut, se retrouve pris en étau. D’un côté, le détroit d’Ormuz, verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. De l’autre, Bab el-Mandeb, désormais aux mains des Houthis. Ses installations pétrolières ont aussi essuyé une vaste attaque de drones et de missiles. Et l’oléoduc Est-Ouest, précieux pour contourner Ormuz, a dû être fermé temporairement après avoir été visé depuis l’Irak, précisément dans la province de Missan, à la frontière iranienne. Bagdad avait déjà accusé des groupes armés liés à Téhéran d’avoir voulu frapper son territoire.

Les marchés ont réagi. Après six mois d’une guerre régionale qui secoue l’économie mondiale, le baril de Brent, référence internationale, a franchi le seuil symbolique des 100 dollars pour terminer autour de 105. Les Houthis, eux, tentent de rassurer. « La navigation est sûre pour toutes les compagnies, à l’exception des navires saoudiens, qui ont déjà été interdits d’accès », a déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree.

L’enjeu est immense. Les pétroliers et les navires commerciaux passent par Bab el-Mandeb pour rejoindre la mer Rouge, puis le canal de Suez et la Méditerranée, ou l’océan Indien dans l’autre sens. Si le passage se ferme, la seule alternative consiste à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Un détour bien plus long et bien plus coûteux.

La progression houthie a été méthodique. Le port de Mokha et l’île de Zugar sont tombés, suivis de Mayyoun, aussi appelée Périm, située au cœur du détroit, puis des deux dernières îles du couloir maritime, la Grande et la Petite Hanish. En riposte, l’Arabie saoudite a bombardé l’aéroport de Mokha. Les forces armées gouvernementales ont aussi annoncé des raids et appelé les civils à éviter certaines routes.

À Téhéran comme à Sanaa, on parle de victoire. Un conseiller du guide suprême iranien a qualifié la percée d’« éclatante ». Abdulhamid Dhaifallah, un partisan des Houthis installé dans la capitale yéménite, évoque des « succès majeurs, qui ont permis de libérer les îles de la mer Rouge en l’espace de 72 heures ». Selon lui, ce front se préparait depuis quatre ans.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un conflit bien plus large. Après des années d’accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné par le conflit régional déclenché fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Les Houthis avaient alors annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, ciblant les navires pétroliers. Les affrontements ont fait des centaines de morts dans les deux camps, essentiellement des combattants, et poussé près de 46.000 personnes sur les routes.

Pour Farea Al-Muslimi, fin connaisseur de la région, les Saoudiens ont tout tenté pour éviter cette guerre et n’ont plus vraiment le choix aujourd’hui. Autre signe de la tension, le président américain Donald Trump a refusé d’ordonner des frappes contre les Houthis, malgré la demande insistante de Ryad.

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