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Sud de la Thaïlande, les séparatistes promettent de se battre sans relâche

Un responsable du principal mouvement séparatiste musulman du sud thaïlandais prévient que le combat ne cessera pas. Nikmatullah Seri réclame le pouvoir…

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Sud de la Thaïlande, les séparatistes promettent de se battre sans relâche

Un responsable du principal mouvement séparatiste musulman du sud thaïlandais prévient que le combat ne cessera pas. Nikmatullah Seri réclame le pouvoir politique pour sa région, le théâtre d’un conflit qui a fait des milliers de morts en vingt ans.

Depuis les années 1960, les militants du Barisan Revolusi Nasional militent pour la création d’un État islamique indépendant dans le sud de la Thaïlande, où vivent une majorité de musulmans. Ce territoire correspondait autrefois au sultanat de Patani, annexé au début du XXe siècle par le royaume thaïlandais, aujourd’hui majoritairement bouddhiste. Les violences telles qu’on les connaît ont débuté en 2004 et ont tué plus de 7 000 personnes.

Dans un rare entretien accordé dans un hôtel de Kuala Lumpur, Nikmatullah Seri a martelé son intention de continuer. Ce porte-parole de la délégation du BRN chargée des négociations de paix avec Bangkok veut le pouvoir politique et affirme que la lutte se poursuivra tant que les objectifs ne seront pas atteints. Il dénonce la discrimination dont, selon lui, sont victimes les Malais musulmans de la région, qui ne se sont jamais sentis en sécurité. Bangkok rejette ces accusations.

Le BRN revendique quatre provinces thaïlandaises proches de la frontière malaisienne, qu’il entend gouverner selon la charia, avec des tribunaux appliquant la loi islamique aux musulmans. Le principal négociateur thaïlandais, Thanut Suvarnananda, a pourtant écarté toute sécession à la table des discussions. Il privilégie la création de zones de cessez-le-feu et l’allègement des dispositifs sécuritaires, notamment la réduction des postes de contrôle qui pèsent sur la vie quotidienne des habitants.

La région est placée depuis 2005 sous un régime d’exception qui permet de détenir des suspects sans les inculper et d’imposer des couvre-feux. Des dizaines d’attaques coordonnées, menées de nuit, ont blessé plusieurs personnes et endommagé des bâtiments publics comme des entreprises privées. Cinq soldats ont été tués lors d’une attaque contre un poste de contrôle, qui a également fait six blessés parmi les civils. Ces morts ont conduit la Thaïlande à suspendre les pourparlers.

Côté thaïlandais, la ligne ne bouge pas. Le ministère des Affaires étrangères s’appuie sur trois piliers, le développement socio-économique, la sécurité et le dialogue de paix. Nikmatullah Seri assure que les groupes vulnérables ne sont pas visés et que seule compte la cible gouvernementale. Il reste vague sur une éventuelle implication de son organisation. En blouson de cuir noir et coiffé d’un songkok, cet homme engagé au BRN depuis ses 18 ans se montre discret sur son lieu de résidence.

Il affirme que son mouvement jouit du soutien des habitants et qu’il est financé par ses membres. Les armes, précise-t-il, sont prises aux adversaires. Sa branche armée a perdu près d’un millier de combattants en vingt ans. L’absence d’un médiateur malaisien freine aujourd’hui les négociations, même si le BRN pourrait participer dès octobre à des échanges informels avec Bangkok. Le ministre malaisien de la Défense, Mohamed Khaled Nordin, indique que la nomination d’un nouveau médiateur est à l’étude, tout en soulignant que la Malaisie respecte la souveraineté thaïlandaise et refuse d’être utilisée comme refuge par les violences.

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