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Riyad visée par des missiles, Trump écourte son week-end

La capitale saoudienne a essuyé des tirs pour la première fois depuis des mois, et un réservoir d’Aramco a pris feu près de l’aéroport. Le président…

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Riyad visée par des missiles, Trump écourte son week-end

La capitale saoudienne a essuyé des tirs pour la première fois depuis des mois, et un réservoir d’Aramco a pris feu près de l’aéroport. Le président américain a quitté sa résidence de Camp David pour regagner la Maison Blanche, sans la moindre explication.

Washington ne cache plus son inquiétude. Le département d’Etat a mis en garde ses ressortissants présents au Moyen-Orient contre une possible « escalade rapide » des hostilités. Un avertissement lancé alors que Riyad, la capitale saoudienne, était la cible de tirs pour la première fois depuis des mois. Deux fortes déflagrations ont secoué la ville, et un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier Aramco a été aperçu en flammes non loin de l’aéroport. Dans la foulée, Donald Trump a quitté Camp David pour rejoindre Washington. La Maison Blanche n’a rien expliqué. Ce retour anticipé, en pleine nuit, en dit long sur la nervosité ambiante.

Les avancées des Houthis au Yémen ont changé la donne. Ces combattants proches de Téhéran ont réalisé une percée fulgurante ces dernières semaines, faisant des centaines de morts et poussant plus de 110 000 personnes à quitter leur foyer. Leurs offensives, puis les représailles contre le royaume voisin, ont perturbé le trafic maritime et les exportations saoudiennes. L’Arabie saoudite, premier fournisseur de pétrole de la planète, en subit directement les conséquences. Résultat, le baril s’est installé au-dessus des 100 dollars et les prix à la pompe grimpent pour les consommateurs du monde entier. Aux Etats-Unis, cette flambée tombe mal, à l’approche des élections de mi-mandat. Les tarifs du diesel y ont même enchaîné les records cette semaine.

Sur le terrain, les revendications se croisent. La coalition menée par Ryad a affirmé qu’un missile avait été tiré vers la capitale et qu’il avait été détruit. Des tentatives de viser « des civils et des biens civils » dans plusieurs villes de l’ouest, dont le port de Yanbu sur la mer Rouge, ont été « déjouées ». Les Houthis, eux, revendiquent deux attaques à la fois par missiles et par drones, l’une contre « des sites sensibles » à Riyad, l’autre contre des installations d’Aramco à Yanbu. Jusqu’ici, leurs frappes touchaient surtout des sites pétroliers et des bases militaires dans le sud ou sur la côte de la mer Rouge. La capitale, elle, n’avait plus été menacée depuis la reprise des hostilités. Un habitant du nord de la ville raconte avoir entendu l’alerte avant que ses fenêtres ne tremblent.

Les enjeux dépassent largement le seul théâtre yéménite. En s’emparant de tout le littoral de la mer Rouge, les Houthis renforcent leur mainmise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage névralgique entre l’Asie et l’Europe via le canal de Suez. Ce corridor a pris de l’importance depuis que l’Iran perturbe lourdement la circulation dans le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique. Selon des sources au sein du mouvement, des radars sont installés et des tunnels creusés le long de la côte. Des membres des Gardiens de la Révolution, la force armée iranienne, se sont rendus récemment dans la zone. Autant de signaux qui alimentent les craintes.

Face à cette pression, l’Arabie saoudite multiplie les contacts diplomatiques. Elle aurait demandé aux Etats-Unis de frapper les Houthis, une requête restée sans suite selon des informations de presse. Mais avec l’intensification des attaques et leurs répercussions sur l’économie mondiale, il devient de plus en plus difficile pour Donald Trump de rester à l’écart. Côté iranien, les choses bougent aussi. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale a fait savoir que Téhéran avait transmis indirectement à Washington ses conditions avant toute reprise des discussions, dont l’arrêt des hostilités sur tous les fronts et la fin du blocus américain sur les ports iraniens. Les efforts diplomatiques, eux, restent dans l’impasse.

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