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À Bunia, les soignants tendent le bras contre une souche d’Ebola encore sans vaccin

Dans l’Ituri, épicentre de l’épidémie, les premiers personnels soignants ont reçu samedi le vaccin Ervebo dans le cadre d’un essai clinique. Reste à…

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À Bunia, les soignants tendent le bras contre une souche d'Ebola encore sans vaccin

Dans l’Ituri, épicentre de l’épidémie, les premiers personnels soignants ont reçu samedi le vaccin Ervebo dans le cadre d’un essai clinique. Reste à savoir s’il protège aussi contre la souche Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie la plus meurtrière jamais connue en RDC.

Sous les tentes dressées devant le laboratoire de Bunia, les volontaires ont retroussé leur manche, l’un après l’autre. Samedi, dans cette ville de l’Ituri, les premiers soignants de la région ont reçu une injection d’Ervebo. Médecins, infirmiers, agents chargés de la désinfection, tous côtoient le virus au quotidien et tous participent à l’essai clinique ouvert dans la province. Annie Banage, infirmière dans un centre de santé Ebola, ne cache pas son soulagement. Elle le formule simplement, son équipe et elle croisent les malades chaque jour, et se faire vacciner leur permet de se protéger avant de protéger ceux qu’ils soignent. La docteure Nicole Nlandu, elle, est déjà convaincue d’une chose, elle a désormais moins de risques de développer une forme grave de la maladie.

Le produit injecté n’a rien d’un inconnu. Ervebo a fait la preuve de son efficacité contre la souche Zaïre, la plus fréquemment rencontrée. Mais l’épidémie qui frappe aujourd’hui le pays est due à une autre souche, Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni traitement ni vaccin spécifique. Tout l’enjeu de l’essai lancé à Bunia tient là. Il doit suivre 20.000 personnes sur neuf à douze mois pour déterminer si le vaccin protège aussi contre cette variante. Le professeur Steve Ahuka, qui pilote la riposte sanitaire, reste prudent et le reconnaît sans détour, le pourcentage d’efficacité face à Bundibugyo demeure inconnu à ce stade. Une piste est avancée par la docteure Nana Mimbu, coordinatrice pour la recherche au sein de l’ONG Médecins sans frontières, présente sur le terrain. Le vaccin pourrait offrir un certain niveau de protection croisée.

Le tableau reste lourd. La RDC traverse la 17e épidémie d’Ebola de son histoire, et celle-ci est devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais enregistrée dans ce vaste pays d’Afrique centrale. Partie de l’Ituri et déclarée officiellement à la mi-mai, elle a causé 3.639 décès pour 7.541 personnes contaminées, soit un taux de létalité de 48,3 %. Quelque 1.823 patients ont été déclarés guéris. Le virus circule désormais dans sept provinces.

Sur le terrain, la riposte a avancé à pas comptés. Moyens limités, région reculée, déplacements compliqués par la présence de groupes armés. S’y ajoute une profonde défiance des populations locales, qui a débouché à plusieurs reprises sur des violences visant des personnels humanitaires et des structures de soins. Le nombre de cas, après une progression rapide, marque désormais un plateau, a souligné jeudi Jean Kaseya, patron de l’agence de santé de l’Union africaine. Mais il l’a martelé, personne ne peut venir affirmer que l’épidémie est sous contrôle, une mise au point qui contredit les déclarations récentes du gouvernement congolais.

Les doses, elles, sont bien arrivées. Quelque 70.000 doses d’Ervebo issues du stock mondial ont été allouées au pays en août. Plus de 3.000 personnes ont déjà été vaccinées dans la province de la Tshopo, dans le nord-est, et plus de 700 dans le Bas-Uélé, plus au nord. Pour prendre la mesure du chantier, un rappel s’impose. Ebola se transmet par les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique sévère. En cinquante ans, la maladie a tué plus de 15.000 personnes sur le continent africain.

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