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Un missile houthi fonce sur Ryad, la coalition saoudienne affirme l’avoir abattu
Les Houthis ont menacé la capitale saoudienne pour la première fois depuis la reprise des combats en juillet. La coalition menée par Ryad assure avoir…


Les Houthis ont menacé la capitale saoudienne pour la première fois depuis la reprise des combats en juillet. La coalition menée par Ryad assure avoir intercepté le projectile, après une nuit d’explosions et un incendie près de l’aéroport.
Ryad a passé une nuit sous tension. Des explosions ont secoué la capitale saoudienne avant que la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite annonce, en soirée, avoir intercepté et détruit un missile tiré depuis le Yémen. Il faut remonter à juillet, date de la reprise des hostilités entre le royaume et les combattants houthis soutenus par l’Iran, pour trouver trace d’une menace équivalente sur la ville.
Les habitants ont d’abord reçu des messages d’alerte, puis le sol a tremblé. « J’ai entendu l’alerte, puis mes fenêtres ont vibré », raconte un homme de 27 ans installé dans le nord de la capitale, qui préfère garder l’anonymat. Plusieurs heures plus tard, une nouvelle série de déflagrations a été entendue. « On a vu de la fumée noire et des flammes du côté de l’aéroport », rapporte un autre riverain. Des images diffusées en ligne montrent une épaisse colonne de fumée s’élevant au-dessus des bâtiments de l’aéroport. Dans l’après-midi, les pompiers ont éteint un incendie sur un réservoir de carburant frappé du logo du géant pétrolier Aramco, tout près de là.
En soirée, un porte-parole de la coalition qui soutient les forces gouvernementales yéménites face aux Houthis a affirmé qu’un missile lancé à l’aube en direction de Ryad avait été intercepté et anéanti. Selon lui, les Houthis ont aussi cherché à viser des civils et des biens civils dans plusieurs villes de l’ouest du royaume, dont le port de Yanbu, sur la mer Rouge, d’où l’Arabie saoudite exporte son pétrole. Toutes ces attaques auraient été mises en échec. Dans un communiqué, les Houthis revendiquent de leur côté deux opérations combinant missiles et drones. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, précise que la première a ciblé des sites sensibles à Ryad et la seconde des installations d’Aramco à Yanbu.
Jusqu’ici, les frappes houthis touchaient surtout des sites pétroliers et des bases militaires dans le sud du royaume ou le long de la mer Rouge. La capitale, elle, n’avait plus été visée depuis juillet. Elle avait en revanche été atteinte au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui avait riposté en s’en prenant aux pays du Golfe alliés de Washington. Depuis, le rapport de force a changé. Les Houthis ont lancé début septembre une vaste offensive au Yémen et contrôlent désormais tout le littoral de la mer Rouge, ce qui consolide leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb et ravive les inquiétudes pour le transport maritime international. Ce passage relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, et son poids a grimpé depuis que l’Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d’Ormuz, à l’autre extrémité de la péninsule arabique, faisant s’envoler les cours du brut.
Deux sources au sein du mouvement houthi indiquent que leurs combattants installent des radars et creusent des tunnels le long de la côte, et que des membres des Gardiens de la Révolution, la force armée iranienne, se sont récemment rendus dans cette région. De quoi fragiliser un peu plus l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, alors que les Houthis ont décrété en juillet un blocus maritime en mer Rouge contre les navires saoudiens, visés à plusieurs reprises depuis. En riposte, le royaume bombarde quotidiennement et massivement les zones tenues par les Houthis, pendant que les forces gouvernementales yéménites tentent d’enrayer leur progression. Les affrontements ont tué des centaines de personnes depuis début septembre, dont 48 lors des dernières 24 heures, d’après des sources des deux camps. Au moins 112 000 habitants ont par ailleurs dû quitter leur foyer depuis le début du mois, dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. Le Yémen a déjà connu une guerre entre 2014 et 2022, à l’origine de l’une des plus graves crises humanitaires de la planète.
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