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Ils ont supplié pour respirer, trente-sept mineurs sont morts dans leur cellule

Trente-sept orpailleurs présumés illégaux sont morts entassés dans un centre de détention de Minna, au centre du Nigeria, après avoir réclamé en vain de…

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Ils ont supplié pour respirer, trente-sept mineurs sont morts dans leur cellule

Trente-sept orpailleurs présumés illégaux sont morts entassés dans un centre de détention de Minna, au centre du Nigeria, après avoir réclamé en vain de l’air. Les récits des survivants ont nourri une colère qui a gagné les rues, désormais sous couvre-feu.

Minna, capitale de l’État du Niger, dans le centre du Nigeria, s’est réveillée sous tension. Trente-sept hommes sont morts dans un centre de détention de la ville. Tous étaient soupçonnés d’extraire de l’or sans autorisation. Ils se trouvaient entre les murs du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria, une force paramilitaire qui épaule la police et protège les installations sensibles du pays. Un rapport de renseignement pointe la surpopulation et un manque d’air. Les paramilitaires, eux, ont d’abord évoqué une maladie. Une piste vite abandonnée.

Les survivants décrivent l’enfer d’une cellule bondée. Dauda Shehu, l’un des rescapés, a livré son récit depuis un hôpital de Minna. « Nous étions entassés, sans ventilation pour bien respirer », a-t-il raconté. Puis tout a basculé. « D’un coup, nous avons réalisé que nous n’arrivions plus à respirer, et nous nous sommes tous rués pour trouver de l’air frais. » Ils ont appelé à l’aide, tambouriné contre la porte. Aucune réponse. « À plusieurs reprises, nous avons alerté que des gens étaient en train de mourir de suffocation. Personne ne nous a répondu. » Un autre détenu, qui a préféré taire son nom, doit la vie à sa place près de l’entrée, là où l’air circulait un peu mieux. Lui aussi se souvient de leurs cris. « Nous hurlions que des gens étaient en train de mourir », mais les gardiens « ne nous ont pas crus ».

Un troisième homme s’est adressé au gouverneur de l’État, Mohammed Umaru Bago. S’exprimant en haoussa, il a décrit une cellule surpeuplée où l’on ordonnait aux détenus de rester debout pour tenir. « Ils ont verrouillé la porte puis ont pulvérisé une sorte de parfum et certains ont commencé à s’effondrer. » Les yeux brûlaient, les gorges aussi. « Certains d’entre nous n’arrêtaient pas d’éternuer et de tousser. »

La colère n’a pas tardé. Une foule a bloqué une artère majeure de la ville, s’en prenant à une gare routière, une banque, des permanences de partis politiques et des commerces. Les forces de l’ordre ont tiré sur les manifestants, selon des témoins. On ignorait encore s’il s’agissait de balles en caoutchouc ou de munitions réelles. Pour tenter de calmer le jeu, le gouvernement a imposé un couvre-feu du crépuscule à l’aube. Un commandant de la défense civile a été suspendu.

Au sommet de l’État, la réponse se veut ferme. Le président Bola Tinubu a ordonné une enquête « approfondie », « urgente », « complète et transparente ». Il a posé une limite claire. Le soupçon d’exploitation illégale ne retire à personne son droit à la vie, à la dignité et à un traitement humain. Il a prévenu que les décès nés de la négligence, des abus ou des défaillances de responsables publics ne seraient pas acceptés.

Derrière ce drame, un territoire qui attise les convoitises. L’État du Niger couvre plus du double de la Belgique et regorge de minerais. Des milliers de mineurs artisanaux y tentent leur chance, portés par l’espoir de dénicher de l’or. Le sol abrite aussi du cuivre et du lithium, très demandés pour les batteries et les véhicules électriques. Une grande partie de l’or extrait hors des circuits légaux file vers les Émirats arabes unis, avant d’irriguer le marché mondial, en Europe, aux États-Unis, en Asie et en Afrique du Sud.

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