Politique
Saint-Pierre-et-Miquelon, ce petit caillou français que Washington a failli s’approprier
Emmanuel Macron s’y rend dimanche pour recevoir le Premier ministre canadien Mark Carney. Un déplacement très politique, quelques semaines après une carte…


Emmanuel Macron s’y rend dimanche pour recevoir le Premier ministre canadien Mark Carney. Un déplacement très politique, quelques semaines après une carte de Donald Trump qui coloriait l’archipel aux couleurs américaines.
Le président français est arrivé samedi soir sur cet archipel de l’Atlantique Nord, et il n’a pas attendu longtemps avant de poser les choses. Saint-Pierre-et-Miquelon est français, point. « C’est une évidence pour nous que c’est un territoire français, et un territoire attaché à la France et fier d’être français », a-t-il lancé aux journalistes présents. Avant d’enfoncer le clou. « Nous y sommes attachés. Il n’y a pas de débat, il n’y a pas de discussion. » Une manière à peine voilée de répondre à ceux qui, à Washington, ont semblé ces dernières semaines envisager autrement l’avenir de ce bout de terre.
Car il faut se souvenir de l’image. Donald Trump a publié sur les réseaux sociaux une carte montrant les Etats-Unis, le Canada, le Groenland, l’Islande, le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes enveloppés dans le drapeau américain, avec cette mention, « Etats-Unis d’Amérique ». Saint-Pierre-et-Miquelon y figurait, tout comme plusieurs territoires français des Caraïbes. Sur le moment, Paris a choisi de ne pas réagir publiquement. La visite de ce week-end ressemble à une réponse, plus discrète mais tout aussi claire. Pour les diplomates cités par la presse, elle revêt surtout une portée symbolique, d’autant qu’Emmanuel Macron s’envolera ensuite pour l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Le calendrier n’a rien d’un hasard non plus du côté canadien. Mark Carney cherche à resserrer les liens de son pays avec l’Union européenne, dans un climat de tensions commerciales avec les Etats-Unis et de relations qui se dégradent avec Washington. Bruxelles a d’ailleurs ouvert la voie à une adhésion d’Ottawa en tant que premier membre associé. Les deux dirigeants devraient donc parler crise énergétique et rapprochement canado-européen, dans un lieu qui s’y prête étrangement bien.
Un responsable de la présidence française l’a résumé ainsi avant la visite. Pour un territoire de 5 800 habitants, il est rare de trouver autant d’enjeux importants concentrés dans un espace aussi réduit. La présence géostratégique de la France dans l’Atlantique Nord, aux portes des Etats-Unis et de l’Arctique. La souveraineté maritime. L’adaptation au changement climatique. Et la coopération avec le Canada. Autant de dossiers qui tiennent dans quelques kilomètres carrés de roche et de brume.
Dernier détail qui dit beaucoup. Il faut remonter à 2014 et au passage de François Hollande pour trouver trace d’une visite d’un président français dans l’archipel. Dix ans de silence, donc, rompus au moment précis où quelqu’un d’autre semblait lorgner sur ces îles.
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