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Thierry Malandain tourne la page sans lâcher la danse

À 67 ans, le chorégraphe s’apprête à quitter la direction du Malandain Ballet Biarritz, qu’il a fondé en 1998. Il ne raccroche pas pour autant et se…

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Thierry Malandain tourne la page sans lâcher la danse

À 67 ans, le chorégraphe s’apprête à quitter la direction du Malandain Ballet Biarritz, qu’il a fondé en 1998. Il ne raccroche pas pour autant et se consacrera désormais à accompagner d’autres artistes, tout en gardant son répertoire bien vivant.

Le 31 décembre, Thierry Malandain passera la main. Après des décennies à la tête du Malandain Ballet Biarritz, Centre chorégraphique national qu’il a créé en 1998 à la demande du ministère de la Culture, l’homme de 67 ans laisse derrière lui une maison pas tout à fait comme les autres, puisqu’elle fut le premier centre contemporain de style classique. La troupe qu’il pilote compte 22 artistes permanents et assure une centaine de représentations chaque année.

Ancien danseur classique, il a fait un bref passage à l’Opéra de Paris avant de rejoindre les Ballets du Rhin puis ceux de Nancy. À 26 ans, il s’arrête pour créer. Le déclic vient d’un concours de chorégraphie disputé avec six camarades. Premier prix, puis un autre, puis encore un autre. Sa première compagnie voit le jour et s’installe dans les Yvelines avant de gagner Saint-Étienne. Danseur, il dessinait beaucoup, raconte-t-il, et rêvait de créer des costumes et des décors. Quarante ans de carrière plus tard, il compte quelque 90 pièces à son actif, données en France comme à l’étranger.

Sa signature, un style qu’il qualifie de néo-classique. « La danse d’où je viens, la danse académique, a toujours évolué », nuance-t-il, en ajoutant que ce vocabulaire « s’est à chaque fois enrichi des préoccupations du moment ». Les pointes, il ne les a quasiment jamais utilisées. Ses ballets revisitent des contes comme « Cendrillon », des classiques comme « L’Oiseau de feu », des mythes comme « Noé », ou racontent leur époque, à l’image de « Sinfonia » en 2021, pièce sarcastique née pendant le Covid. Au centre de tout, « l’être humain », et des œuvres tournées « autour de l’amour, la vie, la mort ».

« Dans chaque ballet, j’ai mis beaucoup de moi-même », confie-t-il. Aujourd’hui, pourtant, l’envie de créer n’est plus là. « Je ne trouve pas l’envie de créer », dit-il simplement. Et il assume ce décalage. « Aujourd’hui, je me sens un peu comme un extraterrestre. Je vois bien que ma danse est loin des préoccupations des chorégraphes bien plus jeunes, et c’est normal, ils sont le reflet de leur époque. »

Place donc à l’accompagnement artistique d’autres danseurs. Cela passe notamment par l’Opéra de Metz, où sera prochainement remontée « Une dernière chanson », créée en 2012, ou encore par « Nocturnes », pièce de 2014 attendue en mars à l’Opéra de Paris. Sa première compagnie, Temps présent, a été réactivée avec deux acteurs pour mener ce travail.

Ses ballets, eux, ne s’arrêtent pas. « Mes ballets vont continuer à être donnés un peu partout », rassure-t-il. Preuve en est, trois pièces sont à l’affiche du Théâtre des Champs-Élysées à Paris, de mardi à samedi, dont la plus récente, « Minuit et demi ou le corps mystérieux » (2025), aux côtés de « L’oiseau de feu » (2021) et de « Boléro » (2001). Cet automne, « Les saisons » sera interprété à Perpignan, à Béziers et en Allemagne.

La reconnaissance, enfin, est bien là. Avec Blanca Li et Angelin Preljocaj, il fait partie des trois premiers membres de la section chorégraphie de l’Académie des Beaux-Arts, où il a été installé officiellement en 2022. Il dirige aussi le festival Le temps d’aimer, qui soutient la danse sous toutes ses formes.

La suite s’écrit avec Martin Harriague, son successeur. Une transition douce, « qui se passe bien ». Ce chorégraphe atypique a été artiste associé à la compagnie entre 2018 et 2021, et il est entré dans la danse à 19 ans seulement, saisi par une vocation soudaine lors d’une représentation du « Casse-Noisette » de Thierry Malandain. Avant la séparation, les deux ont prévu un spectacle de fin d’année associant une pièce de chacun, « L’amour sorcier » pour l’un et « Don Quichotte » pour l’autre.

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