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Incendies en Indonésie. Plus de 170.000 personnes frappées par des troubles respiratoires

Les feux qui embrasent forêts et tourbières depuis août ont fait exploser le nombre d’infections respiratoires aiguës dans sept provinces. La fumée…

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Incendies en Indonésie. Plus de 170.000 personnes frappées par des troubles respiratoires

Les feux qui embrasent forêts et tourbières depuis août ont fait exploser le nombre d’infections respiratoires aiguës dans sept provinces. La fumée toxique déborde désormais bien au-delà des frontières indonésiennes.

Le compteur ne cesse de grimper. Depuis le mois d’août, 174.694 cas d’infections respiratoires aiguës ont été recensés dans les zones touchées par les incendies de forêt et de tourbe, selon un responsable du ministère indonésien de la Santé. Le chiffre, arrêté au 21 septembre, concerne sept provinces de l’archipel. À peine deux semaines plus tôt, on en dénombrait un peu plus de 113.000. Autrement dit, la situation se dégrade vite, très vite, à mesure que les flammes progressent.

Car les foyers sont loin d’être circonscrits. Ils ravagent Bornéo, Sumatra et la Papouasie, et les nuages de fumée qu’ils dégagent recouvrent maintenant des pans entiers d’une région bien plus vaste que l’Indonésie elle-même. La Malaisie voisine, Singapour, les Philippines et même le Vietnam subissent à leur tour cette pollution transfrontalière. Avec ses 284 millions d’habitants, l’Indonésie est le premier concerné, mais l’air chargé de particules fines ignore les frontières.

Le danger tient à la composition même de cette fumée. Elle transporte notamment des particules fines dites PM 2,5, plus petites qu’un cheveu humain, capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires et de provoquer des infections. Face à cela, les autorités ont envoyé des moyens dans les régions les plus touchées, dont des concentrateurs d’oxygène, des masques et des bouteilles d’oxygène. Le ministère de la Santé recommande aussi au public de limiter les activités en extérieur quand la qualité de l’air se détériore, de porter un masque et de boire régulièrement.

Ces incendies reviennent chaque année pendant la saison sèche, qui court en général de juillet à octobre. Mais cette édition est particulièrement virulente, un épisode marqué du phénomène météorologique El Niño venant s’ajouter au tableau. Les spécialistes pointent aussi le rôle du changement climatique et celui de dizaines d’années de dégradation des forêts. S’y ajoutent les pratiques de défrichement par brûlis, qui ont affaibli des sols et des milieux autrefois naturellement résistants au feu. Le résultat se lit dans les statistiques sanitaires, et il pèse sur des millions de poumons.

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