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Devant l’ONU, Macron met le monde face à un choix qui ne se rattrape pas

Le président français a prononcé son dernier grand discours à l’Assemblée générale des Nations unies en alertant sur le retour de la loi du plus fort. Il…

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Devant l'ONU, Macron met le monde face à un choix qui ne se rattrape pas

Le président français a prononcé son dernier grand discours à l’Assemblée générale des Nations unies en alertant sur le retour de la loi du plus fort. Il quittera l’Élysée en mai prochain et veut laisser une ligne claire derrière lui.

Emmanuel Macron est monté une dernière fois à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans quelques mois, il quittera l’Élysée après dix ans de pouvoir, et son passage à New York avait donc des airs de message final. Le tableau qu’il a dressé n’a rien de réjouissant. Il a parlé du retour de l’impérialisme, de l’arrogance, de la force employée sans règle ni retenue, et d’un monde qui se résume de plus en plus à une concentration du pouvoir entre quelques mains.

Sans les nommer, il a visé les États-Unis, la Russie et la Chine. Sa charge a été précise. Il a dénoncé ceux qui croient pouvoir malmener l’ordre international pour agrandir leur territoire, ceux qui piétinent la souveraineté des peuples pour décider à leur place, et ceux qui s’arrogent le droit de trancher l’avenir de la planète, que ce soit sur le climat ou sur l’intelligence artificielle. Sa conclusion tient en une interrogation qu’il a lancée à la salle. Voulons-nous vivre dans cet état de nature, avec une forme de retour de la loi de la jungle, ou dans une société internationale civilisée.

Pour lui, la réponse ne souffre aucun doute. Le devoir, plus que jamais, consiste à se tenir droit aux côtés des Nations unies et à décider ensemble de l’intérêt commun. Là où la loi du plus fort tente de s’imposer, il faut défendre la justice. Un plaidoyer qui vise clairement ceux qui préfèrent agir seuls plutôt que de passer par le cadre collectif.

Sur l’Ukraine, il a avancé une proposition concrète, un double moratoire sur les frappes visant les sites énergétiques, côté russe comme côté ukrainien. Il a aussi réclamé un moratoire en mer Noire, de nature à libérer les céréales et à répondre à une question de sécurité alimentaire cruciale pour de nombreux pays émergents et en développement.

Le conflit à Gaza a occupé une autre large part de son propos. Après avoir lancé en 2025 un mouvement de reconnaissance de l’État de Palestine, il a regretté, un an plus tard, un spectacle qui fait honte à tous. Sa question a claqué. Quelle est notre crédibilité si nous restons inactifs face à Gaza. Et il a rappelé sa conviction, la construction d’une solution à deux États est la condition de la sécurité d’aujourd’hui et de demain pour Israël et son peuple.

Le Président est ensuite passé à l’intelligence artificielle. Son appel s’adresse à tous les États attachés à leur indépendance. Il les invite à bâtir une IA alternative pour ne dépendre ni de Washington ni de Pékin. Sa méthode, réunir cette coalition des indépendants, ceux qui refusent de devenir les vassaux de l’une ou l’autre des deux grandes puissances, autour d’un modèle frontière en open source. Avec un principe simple, mettre en commun les capacités de calcul et les moyens d’investissement disponibles, pour aboutir à une technologie partagée.

Son message de fin résume tout le reste. Ne rien céder à l’esprit de défaite ni à l’abus de pouvoir. Et redonner aux Nations unies leur vitalité, seul rempart selon lui contre une lente division du monde.

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