Politique
Ségolène Royal compare Raphaël Glucksmann à un stagiaire à la tête du pays
L’ancienne ministre attaque frontalement son rival de la primaire et brandit son expérience face à ce qu’elle décrit comme une dangereuse inexpérience.…


L’ancienne ministre attaque frontalement son rival de la primaire et brandit son expérience face à ce qu’elle décrit comme une dangereuse inexpérience. Derrière la passe d’armes se dessine un désaccord de fond sur la stratégie de la gauche.
À trois semaines du premier tour, prévu les 9 et 10 octobre, la campagne de la primaire social-démocrate a gagné en tension. Ségolène Royal a ciblé sans détour Raphaël Glucksmann, pointant ce qu’elle considère comme un manque de bagage et une distance avec les réalités du pays. Sa formule résume tout son argument. On ne confie pas une entreprise à un stagiaire, et on ne dirige pas une nation sans avoir jamais assumé de responsabilités.
L’élue s’appuie sur un principe simple, celui du parcours. Pour gouverner, il faut selon elle avoir exercé un métier, ou avoir piloté une collectivité locale ou une structure étatique en obtenant des résultats vérifiables. Face à l’eurodéputé, elle met en avant son propre bilan, celui d’une femme de gauche qui dit avoir fait ses preuves à l’échelon local, national et international. Et elle rattache directement cette exigence au quinquennat d’Emmanuel Macron, dont elle estime que l’éloignement du peuple et du pays profond a produit brutalités, mépris et recul. Les Français, soutient-elle, réclament des responsables aguerris porteurs de bilans positifs, pas une nouvelle expérience du même genre.
La candidate ne s’arrête pas aux personnes. Elle dit voir s’affronter dans cette primaire deux lignes politiques. La sienne, qu’elle rattache à l’héritage mitterrandiste, consiste à rassembler son camp au premier tour sans sectarisme, puis à élargir sur cette base au second. L’autre ligne, telle qu’elle la décrit, partirait chercher des voix au centre et à droite dès le premier tour, avec en filigrane la tentation de s’allier au candidat macroniste en échange de ministères et de circonscriptions si le rapport de forces devenait trop défavorable face à La France insoumise. Un choix qui, selon elle, signerait la disparition du Parti socialiste.
Le reste de son message tient en une promesse de calme. Elle milite pour une France tranquille, sans brutalité ni cynisme, où les mouvements sociaux désespérés n’ont plus lieu d’être parce que les tensions auraient été traitées en amont, par l’écoute, la sagesse et l’humilité. Et elle prévient ses concurrents. Les sociaux-démocrates qu’elle qualifie de mous, prêts à avancer des propositions libérales pour séduire la droite, finiraient par s’effondrer et laisseraient un boulevard à Marine Le Pen.
Dans ce paysage, Mme Royal se présente comme une candidate déjà passée par l’épreuve de la présidentielle, où elle avait été battue au second tour en 2007. Elle affrontera Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, le député socialiste Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, à la tête de la Gauche républicaine et socialiste. Le verdict des urnes approche, et la question du leadership à gauche se jouera en grande partie sur ce que les électeurs retiendront de cette bataille entre expérience revendiquée et renouveau réclamé.
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