Politique
Contre une loi qui protège les policiers qui tirent, des milliers de personnes défilent à Paris
Dans la capitale, plusieurs milliers de personnes ont marché dimanche pour dire non à un texte qui, selon elles, offre un permis de tuer aux forces de…

Dans la capitale, plusieurs milliers de personnes ont marché dimanche pour dire non à un texte qui, selon elles, offre un permis de tuer aux forces de l’ordre. Députés de gauche, syndicats de magistrats et associations réclament son abandon avant son passage au Sénat.
Place de la République, la foule s’est ébranlée dimanche. Plusieurs milliers de personnes, parmi lesquelles des parlementaires de gauche et des représentants de syndicats de magistrats, ont répondu présent pour rejeter la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes de l’ordre. Un texte qu’elles résument d’une formule sèche, un permis de tuer. La députée insoumise Mathilde Panot a pris la parole juste avant que le cortège ne s’élance. Sa position ne souffre aucune nuance. La police tue déjà, et cette loi ne doit pas franchir la porte du Sénat. Pour elle, aucune institution ne peut organiser l’impunité de ceux qui portent une arme, et aucun citoyen ne peut détenir un droit de vie ou de mort sur un autre.
Le texte adopté le 7 juillet par les députés tient en une idée simple. Policiers et gendarmes sont présumés avoir agi dans le respect de la loi au moment où ils font usage de leurs armes. Autrement dit, la charge de la preuve change de camp. C’est exactement ce que dénonce Amal Bentousi, dont le frère Amine, un braqueur, a été tué d’une balle dans le dos en 2012 en Seine-Saint-Denis. Elle parle d’un permis d’exécuter. Samia El Khalfaoui, cofondatrice de Stop aux violences d’État, a lancé son refus de l’impunité avant d’égrener les prénoms de jeunes tombés sous les balles des forces de l’ordre, la plupart issus des quartiers populaires.
La mobilisation dépasse largement la capitale. Une centaine de marches et de rassemblements sont annoncés ce week-end à travers le pays, à Marseille, Lyon ou encore Lille. La veille, une trentaine d’actions avaient déjà rassemblé environ 13.500 personnes selon la police, de Lorient à Annecy en passant par Caen et Carcassonne. À Rennes, où 2.000 manifestants étaient présents, huit personnes ont été interpellées et trois policiers blessés après des jets de projectiles, d’après la préfecture d’Ille-et-Vilaine.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait demandé aux préfets et aux responsables des forces de sécurité une vigilance particulière, redoutant des débordements. À Paris, de grandes organisations comme Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme ou le Syndicat de la magistrature ont rejoint le cortège. Plus de 150 structures, collectifs locaux et partis politiques parmi lesquels le Parti socialiste, Les Écologistes et La France insoumise, soutiennent l’appel Stop aux violences d’État. Une pétition hostile au texte a réuni 730.000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, avant d’être écartée en juillet par les députés de la commission des Lois.
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