Faits Divers
Kenneth Law va entendre la douleur des familles de ses victimes
L’ancien cuisinier canadien a plaidé coupable d’avoir aidé des dizaines de personnes à mourir en leur vendant du nitrite de sodium. Dès mercredi, les…

L’ancien cuisinier canadien a plaidé coupable d’avoir aidé des dizaines de personnes à mourir en leur vendant du nitrite de sodium. Dès mercredi, les proches de celles et ceux qui ne sont plus là viennent raconter leur histoire devant un tribunal de l’Ontario.
Le procès de Kenneth Law entre dans sa toute dernière ligne droite. Pendant quatre jours, à partir de mercredi, un tribunal de Newmarket, une ville proche de Toronto, va se consacrer entièrement aux déclarations des proches des victimes. Ces témoignages précèdent l’annonce de la peine, dont la date reste encore inconnue.
Kenneth Law, né en 1965, a longtemps travaillé comme cuisinier dans un hôtel de luxe de Toronto. En mai, il a plaidé coupable de 14 chefs d’accusation d’aide ou d’incitation au suicide. Il a aussi reconnu avoir animé dans l’anonymat, depuis la pandémie de Covid-19, plusieurs forums en ligne sur lesquels il conseillait à de jeunes personnes en détresse les moyens de se donner la mort. Les procureurs canadiens ont pourtant laissé tomber les poursuites pour meurtre, estimant manquer d’éléments pour décrocher une condamnation.
La substance qu’il expédiait, le nitrite de sodium, est parfaitement légale mais peut tuer selon la dose absorbée. Ses envois ont atteint au moins 41 pays, dont la Chine et la France. En Grande-Bretagne, 330 colis ont été postés, et les procureurs ont relié ses « kits de suicide » à 79 décès. Une ampleur qui a mis plusieurs familles hors d’elles, persuadées qu’il porte une responsabilité directe dans la fin prématurée de leurs proches. L’abandon des poursuites pour meurtre les a profondément révoltées.
Les procureurs s’apprêtent malgré tout à réclamer une peine lourde pour aide au suicide, qui peut grimper jusqu’à 20 ans de prison. Des extraits de documents judiciaires, publiés par un quotidien canadien, dévoilent les conversations entre Kenneth Law et un psychiatre de sa prison. L’homme y assure avoir simplement voulu « répondre à un besoin qui me semblait humain » et jure qu’il n’est « pas un fou diabolique ». Après son arrestation en 2023, il se disait innocent, soutenant n’avoir jamais pris la décision de mettre fin à une vie et s’être contenté de fournir des substances.
Parmi les victimes se trouve Jeshennia Bedoya-Lopez, morte en 2022 à seulement 18 ans, après avoir acheté du poison pour environ 80 dollars. C’est son père, Leonardo Bedoya, qui l’avait retrouvée sans vie dans sa chambre. « C’était ma seule fille, ma lumière, ma vie », avait-il lancé devant le tribunal en mai, qualifiant de « honte » la décision d’abandonner les poursuites pour meurtre.
À lire aussi

PolitiqueEn Ligne 20 heuresMélenchon mène une campagne en retrait, avec des discours écrits au millimètre
ÉconomieEn Ligne 5 joursLidl France change de patron et surprend ses propres équipes
EuropeEn Ligne 7 joursLa Hongrie traque les milliards envolés de l’ère Orban
PolitiqueEn Ligne 3 joursSégolène Royal compare Raphaël Glucksmann à un stagiaire à la tête du pays
EuropeEn Ligne 6 joursFace aux attaques hybrides venues de Russie, Macron convoque son état-major et bouscule son agenda
EuropeEn Ligne 5 joursHuit pays des Carpates font bloc autour de l’Ukraine
PolitiqueEn Ligne 6 joursCarburants, l’exécutif prolonge les aides jusqu’à fin décembre pour désamorcer la grogne
Faits DiversEn Ligne 7 joursÀ Macao, le premier procès pour subversion se tient à huis clos
















