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Le bio retrouve des couleurs et les agriculteurs reviennent

La consommation de produits biologiques a grimpé de 4,8 % au premier semestre, confirmant un redressement entamé l’an passé. Dans le même temps, le nombre…

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Le bio retrouve des couleurs et les agriculteurs reviennent

La consommation de produits biologiques a grimpé de 4,8 % au premier semestre, confirmant un redressement entamé l’an passé. Dans le même temps, le nombre de producteurs repart à la hausse, même si les objectifs fixés pour 2030 restent très lointains.

La filière bio respire à nouveau. Après le trou d’air provoqué par la flambée des prix en 2022, la consommation a poursuivi son redressement et progressé de 4,8 % en valeur sur les six premiers mois de l’année, toutes familles de produits confondues. De quoi redonner le sourire à Bruno Martel, président de l’Agence bio, l’organisme public chargé de promouvoir une agriculture sans engrais ni pesticides de synthèse. Selon lui, une seule année supplémentaire sur cette lancée suffirait à effacer la chute de 15 % enregistrée pendant la crise inflationniste.

Les chiffres détaillent ce retour en grâce. Les magasins spécialisés ont vu leurs ventes bondir de 9,3 %, quand la grande distribution, qui concentre la moitié des achats, gagnait 2 %. Deux explications principales à cela. Les prix du conventionnel se sont nettement rapprochés de ceux du bio, et les enseignes comme les transformateurs ont remis en avant des produits qu’ils avaient parfois laissés de côté dans leurs rayons. Le contexte international tendu et la canicule de l’été ont aussi poussé les clients à s’interroger sur l’origine de leurs aliments et sur la façon dont ils sont produits, observe Bruno Martel, lui-même éleveur de vaches laitières en Bretagne.

Du côté des champs, la tendance s’inverse enfin. Les surfaces cultivées en bio reculaient depuis trois ans, avec 130 000 hectares perdus et un total de 2,69 millions d’hectares à la fin 2025. L’an dernier, le nombre de fermes engagées dans la démarche baissait même pour la première fois. Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, les nouvelles installations ont augmenté de 14 % tandis que les arrêts d’activité diminuaient de 13 %, pour un solde positif de 687 producteurs, dans l’élevage de brebis, le maraîchage ou encore la production de fruits.

Ces arrivées restent toutefois modestes. Le président de l’Agence bio parle d’un balbutiement, pas d’une euphorie. Il n’empêche, le retour des acheteurs redonne du courage aux agriculteurs, qui peuvent de nouveau croire à un modèle capable de les faire vivre et de répondre à plusieurs enjeux du moment, comme la souveraineté alimentaire, le stockage du carbone ou la baisse des énergies fossiles. Impossible pour l’instant de parler d’une véritable reprise de la production, les chiffres annuels n’étant pas encore connus. D’autant que l’été a été éprouvant pour tout le monde agricole. Les producteurs bio, protégés en partie par la diversité de leurs cultures, n’ont pas été épargnés, à l’image des maraîchers qui ont parfois perdu la moitié de leur chiffre d’affaires face au manque de fréquentation des marchés.

Le chemin reste long avant d’atteindre les objectifs nationaux. Le bio occupe environ 10 % des surfaces agricoles françaises, alors que le pays vise 21 % en 2030. Il pèse moins de 6 % de la consommation à domicile, 6 % des achats des 85 000 cantines, qui devraient monter à 20 % en 2030, et seulement 1 % des approvisionnements des restaurants. Bruno Martel mise sur la grande distribution, qui devrait selon lui réserver au moins 10 % de son linéaire visible au bio pour laisser le choix aux clients. La Journée européenne du bio offre une occasion de faire passer le message. Symbole de cette ambition, les trois restaurants de l’Élysée serviront un déjeuner bio à 400 collaborateurs du palais présidentiel.

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